NETTALI.COM - Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS) est monté au créneau pour exprimer sa « vive préoccupation », suite à la convocation par la Sûreté urbaine du journaliste et patron de presse, Ibrahima Lissa Faye. Cette action judiciaire, liée à ses sorties sur la gestion du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP), est qualifiée par l'organisation de tentative d'« intimidation policière ».

La convocation du journaliste Ibrahima Lissa Faye met en colère le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS). L'organisation est montée au créneau pour exprimer sa « vive préoccupation », suite à cette  convocation de la Sûreté urbaine.

Pour l'organisation, cette procédure judiciaire, liée aux critiques du journaliste sur la gestion du Fonds d'appui et de développement de la presse (FADP), s’apparente à une tentative d'étouffer le débat sur l'utilisation des deniers publics.

Dans son communiqué, le patronat de la presse fustige des « nouvelles dérives du ministre de la Communication » et apporte un « soutien total et sans réserve » à Ibrahima Lissa Faye. Le Conseil rappelle avec fermeté que « l'analyse critique de la gestion des ressources publiques relève pleinement de l'exercice du journalisme et de la liberté d'expression, piliers de tout État de droit ». Selon le patronat, le confrère n'a fait que mettre en lumière des chiffres qui appellent un débat transparent plutôt qu’une « intimidation policière ou judiciaire ».

Au cœur de la discorde, l'examen des données du FADP 2025 révèle un déséquilibre majeur dans la répartition des 1,9 milliard de francs CFA. Le CDEPS dénonce une captation de 42,2 % du budget par les médias de service public et les structures de gouvernance, alors que ces entités bénéficient déjà de financements directs de l'État. Le communiqué souligne que « l'APS, Le Soleil et la RTS cumulent à eux seuls plus d'un quart du budget total », tandis que la presse privée ne reçoit que 36,1 % de l'enveloppe globale. Cette situation est jugée d'autant plus révoltante que le fonds était, à l'origine, « exclusivement réservé aux entreprises de presse privées ».

Le CDEPS soulève également des irrégularités comptables troublantes, évoquant une « ponction de 39,6 millions FCFA » opérée au profit de la Maison de la Presse. L'organisation s'interroge sur la légalité de cette opération réalisée « en l'absence de base contractuelle ou réglementaire ». Face à ce qu'il qualifie de fragilisation économique délibérée, le Conseil exige la « publication intégrale, détaillée et justifiée » des bénéficiaires et réclame l'ouverture d'un « audit indépendant » sur la gestion du fonds. En conclusion, le patronat avertit que « c'est l'équilibre de l'espace démocratique qui est menacé » par ce cumul de pressions financières et judiciaires sur les acteurs de l'information.