NETTALI.COM - Le groupe parlementaire de l’opposition monte au créneau pour soutenir l’ancien président dans sa course à l’ONU, tout en dénonçant la position des autorités sénégalaises.

Face aux critiques visant la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies, le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a adopté une posture offensive. Lors d’une conférence de presse, ses responsables ont défendu la pertinence de cette candidature en s’appuyant sur des arguments historiques et diplomatiques.

Premier point avancé : dans le système onusien, la personnalité du candidat primerait sur son pays d’origine. Selon eux, ce n’est pas tant le Sénégal ou l’Afrique qui porte Macky Sall, mais son profil, son expérience internationale et le contexte géopolitique qui rendent sa candidature crédible.

Pour appuyer cette position, Me Aïssata Tall Sall a convoqué l’histoire des Nations unies. Elle a rappelé que Kofi Annan a dirigé l’organisation pendant dix ans, après Boutros Boutros-Ghali qui a occupé le poste durant cinq ans, soit quinze années consécutives à la tête de l’ONU pour deux Africains. Elle a également souligné que deux secrétaires généraux européens issus d’Europe du Nord se sont succédé sans que cela ne suscite de controverse, remettant ainsi en cause l’argument de la rotation géographique.

L’ancienne ministre de la Justice a également mis en avant le programme proposé par Macky Sall, articulé autour de trois axes majeurs. Il ambitionne de promouvoir une approche intégrée de la paix et de la sécurité, de revitaliser le multilatéralisme afin de renforcer la concertation entre les nations, et de rationaliser la gouvernance onusienne en simplifiant ses procédures.

Évoquant le processus de désignation du secrétaire général, Me Aïssata Tall Sall a rappelé qu’il ne s’agit pas d’une élection, mais d’une nomination : le Conseil de sécurité formule une recommandation, ensuite validée par l’Assemblée générale. Dans ce processus, les cinq membres permanents — États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni — disposent d’un droit de veto, rendant décisif le travail diplomatique auprès de ces puissances.

Elle a également indiqué que l’Union africaine, sous la présidence tournante du Burundi, a déjà apporté son soutien à cette candidature, estimant que la prochaine étape se jouera sur la scène internationale.

Le ton s’est durci concernant la position du Sénégal. Me Aïssata Tall Sall a jugé « inédit et regrettable » que le pays ne soutienne pas l’un de ses ressortissants pour une fonction aussi prestigieuse. En guise d’illustration, elle a rappelé qu’Abdoulaye Wade, malgré ses divergences avec Abdou Diouf, avait soutenu la candidature de ce dernier à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie, au nom de l’intérêt national.

Selon elle, que le Sénégal apporte ou non son soutien, « la machine diplomatique est déjà en marche » et poursuivra son cours.