NETTALI.COM - Depuis plusieurs semaines, une réalité s’impose : les premières dames occupent de plus en plus l’espace public. Activités, déplacements, prises de parole… leur présence devient structurante dans des secteurs aussi sensibles que l’éducation, la santé ou l’action sociale.
Sur le papier, rien d’anormal. Dans les faits, tout interroge.
Car ces domaines ne sont pas vacants. Ils relèvent de ministères clairement identifiés, dotés de budgets publics, de politiques définies et de responsabilités précises. Dès lors, l’omniprésence des premières dames sur ces terrains ne peut plus être perçue comme un simple engagement social. Elle pose un problème de fond : celui d’un glissement progressif vers une confusion des rôles.
Ce que l’on observe aujourd’hui ressemble étrangement à ce que le pouvoir actuel dénonçait hier.
Les fondations des anciennes premières dames avaient été pointées du doigt pour leur opacité, leur gestion contestée et leur proximité ambiguë avec l’action publique. À l’époque, les critiques étaient claires, notamment du côté d’Ousmane Sonko, qui appelait à une rupture nette avec ces pratiques.
Mais aujourd’hui, cette rupture semble s’effacer.
Sous couvert de causes légitimes — enfance, santé, femmes — se met en place une présence parallèle qui échappe à tout cadre institutionnel précis. Ni totalement publique, ni totalement privée, cette zone grise fragilise la lisibilité de l’action de l’État.
Et surtout, elle installe un précédent dangereux : celui d’acteurs non élus, non responsables devant les citoyens, mais de plus en plus influents dans des politiques publiques stratégiques.
Le problème n’est pas l’engagement des premières dames. Il est ailleurs.
Il réside dans l’absence de règles, dans le flou des responsabilités et dans le décalage avec les promesses de rupture.
Dans cette séquence, la responsabilité politique est claire. Elle ne se situe pas du côté des premières dames, mais au sommet de l’État.
C’est au Président de la République de fixer les limites, de tracer les frontières et de garantir que l’action publique reste… publique.
Car gouverner, ce n’est pas seulement changer les hommes. C’est aussi refuser de reproduire les pratiques que l’on dénonçait hier.
Et aujourd’hui, une question s’impose : la rupture était-elle un projet… ou simplement un slogan ?





