NETTALI.COM – Devrait-on s’inquiéter pour notre équipe nationale ? Pour Aliou Cissé, devrait-on plutôt dire ? Finaliste de la dernière édition, l’équipe nationale du Sénégal fait encore une fois de plus, figure de favori pour le sacre final de la Can Cameroun 2021. Mais, difficile de ne pas se faire du souci pour l’équipe nationale lorsqu’on fait une petite promenade dans l’antre des Lions.

Entre manque de temps de jeu, d’efficacité des attaquants, en passant par la cascade de blessures, Aliou Cissé et son staff technique doivent avoir des raisons de s’inquiéter du fait d’un schéma qui risque fort de connaître des bouleversements. Et pas des moindres, malgré son statut de numéro en Afrique. Allez d’ailleurs savoir ce que signifie cette position de N°1, si ce n’est le fait de rencontrer des équipes largement à la portée du Sénégal. Ce qui veut qu’on n’a pas affaire avec classement, à un baromètre suffisant pour juger du niveau réel des Lions.

A la vérité, à l’heure actuelle, l’équipe nationale du Sénégal connaît des problèmes presque dans tous les compartiments du jeu. En faisant un tour d’horizon de l’effectif, on se rend bien compte qu‘au niveau de l’axe central par exemple Kalidou Koulibaly, blessé et indisponible, n’ira certainement pas à la Can avec la plénitude de ses moyens. Même si sa participation à la prochaine Can n’est pas remise en cause, le capitaine des Lions ne sera peut-être au top de sa forme que lors du second tour.

Son binôme, Abdou Diallo est lui victime d’un manque de temps de jeu au Paris Saint-Germain. En effet, l’ancien sociétaire de Dortmund ne fait pas partie des premiers choix de Mauricio Pochettino. Dans l’axe central du Psg, le duo Marquinhos – Kimpembe lui fait de l’ombre. Sur le couloir gauche, Abdou Diallo est aussi devancé par l’Espagnol Juan Bernat et le Portugais Nuno Mendes.

Au milieu de terrain, la seule certitude se nomme Idrissa Gana Guèye. Le joueur formé à l’institut Diambars demeure le boss de l’entrejeu des Lions. Il n’est pas à exclure que son statut de joueur le plus capé de cette nouvelle génération lui serve amplement (85 sélections en 10 ans).

Nampalys Mendy qui devrait servir de pointe base dans le dispositif de Cissé, est lui aussi victime de la concurrence en club. Son manque de temps de jeu à Leicester donne des cheveux blancs au sélectionneur national qui attend plus de lui.

Pis, Krépin Diatta qui assurait souvent l’animation des Lions au milieu de terrain, est forfait pour la Can. Et Pape Matar Sarr qui se rapprochait le plus du profil de Krépin, est passé de joueur vedette au statut de pitoyable remplaçant.

Titularisé lors de deux premières journées des éliminatoires de la Coupe du monde Qatar 2022, ce dernier a complètement disparu du schéma tactique d’Aliou Cissé. Il faudra attendre, les 10 dernières minutes de la 6ème et dernière journée pour revoir Pape Matar Sarr taper dans le ballon en équipe nationale. Alors que jouer l’intégralité de cette rencontre qui était sans enjeu, aurait pu permettre à ce garçon qui dispose d’une technique au dessus de la moyenne de mieux s’épanouir et retrouver la capitale confiance en sélection.

A quatre semaines de la grand-messe du football africain au Cameroun, l’attaque des Lions ne respire pas la grande forme. En effet, aucun attaquant sénégalais n’a atteint la barre des 10 buts depuis le début de cette saison 2021-2022. Inquiétant non ! Mais à la vérité, l’équipe pêche par un manque d’attaquants « tueurs ». En effet, en dehors de Sadio Mané et Habib Diallo, les autres attaquants sont à la traîne. Auteur de 9 buts et d’une passe décisive en 20 matchs toutes compétitions confondues, l’enfant de Bambali est le plus prolifique. Pour sa part, Habib Diallo réalise un bon début de saison. En 16 matchs avec Strasbourg, le joueur formé à « Génération Foot » a inscrit 8 buts et délivré une passe décisive.

Tout comme Abdou Diallo, Bouna Sarr ou encore Nampalys Mendy, Boulaye Dia souffre également d’un manque de temps de jeu en club. En 17 matchs, l’ancien attaquant de Reims a seulement inscrit 2 buts pour 3 passes décisives.

A la relance du côté de Cagliari, Keita Diao Balde compte 3 réalisations et 2 passes décisives en 11 matchs de Série A.

Meilleur buteur sénégalais lors des éliminatoires de la CAN 2022 (4 buts), Famara Diédhiou ne rassure pas pour autant en club. Il ne totalise que 4 buts en 14 matchs de Super Lig Turc.

Annoncé en grande pompe en tout début de saison, Cheikh Ahmadou Bamba Dieng est également dans cette lignée des attaquants en panne de réalisme. La pépite de l’Olympique de Marseille (16 matchs, 3 buts et une passe décisive) traverse une grande période de disette avec aucun but marqué depuis le 19 septembre. Et pour ne rien arranger, Ismaïla Sarr, considéré comme le meilleur pion de l’attaque sénégalaise après Sadio Mané, ira à la Can très diminué. Le feu follet ailier de Watford est touché aux ligaments du genou. Il ne rejouera pas avant 2022.

On peut toutefois se poser la question de savoir si les nombreuses convocations de joueurs notées en équipe nationale, pourront palier les blessures ou la méforme des joueurs que le coach a si souvent alignés. Dans l’ensemble, les joueurs clefs de l’équipe nationale n’ont pas de doublure. Ce qui a pour conséquence un chamboulement du jeu dès lors qu’ils sont absents. Lors de la finale de la Coupe d’Afrique par exemple, l’absence de Kalidou Koulibaly. Le but matinal de Baghdad Bounedjah aurait pu être évité si le défenseur de Naples était au marquage. La sortie prématurée de Sadio Mané lors de la 5ème journée face au Togo, à Lomé a mis à nu la dépendance des Lion vis-à-vis de l’attaquant des Reds. Idem pour Gana Guèye qui n’a pas encore trouvé son alter égo au milieu de terrain.

A cela, si on ajoute les errements tactiques de Cissé, difficile d’être rassuré par le management de l’équipe. Même s’il n’est pas interdit d’essayer de nouveaux schémas en football, les nombreux changements de Cissé sont loin de convaincre les férus du ballon rond. Délaissant son 4-3-3 habituel au profit de l’actuel 4-2-3-1 en passant par son éphémère 3-5-2, l’expertise d’Aliou reste discutable. Sa posture ressemble plutôt à du tâtonnement, qu’une méthode éprouvée.

Loin de jouer aux oiseaux de mauvaise augure, il semble bien que l’équipe nationale du Sénégal ne présente pas les meilleures garanties pour décrocher sa première étoile continentale. Mais comme on le dit souvent sous nos cieux, on ne sait jamais ou « Yallah Baaxna » (« Dieu est grand »)