NETTALI.COM-L’historienne et figure et de la société civile, Penda Mbow, préconise une refonte profonde du cadre institutionnel sénégalais pour pallier le décalage entre les textes législatifs et la pratique actuelle du pouvoir.
S’exprimant lors d’une conférence de l’ONG Wathi, Penda Mbow appelle à un rééquilibrage de l’exécutif ou à l’instauration d’un régime parlementaire, tout en puisant dans l’héritage historique de la révolution Torodo pour bâtir une citoyenneté plus inclusive et égalitaire.
Selon l’universitaire, la résolution des tensions actuelles peut passer par « une Constitution à travers laquelle nous allons faire les réformes nécessaires pour aller vers un pouvoir équilibré entre le président de la République et le Premier ministre, ou bien aller, disons, vers un régime parlementaire qui prendra en considération cette situation actuelle ».
Cette analyse fait directement écho aux récentes divergences observées au sommet de l’exécutif. Pour Penda Mbow, il est impératif de réajuster les textes fondamentaux aux réalités du terrain pour éviter que ne s’installe un décalage durable entre les cadres légaux et l’exercice réel du pouvoir. « On ne peut pas laisser perdurer une situation avec des textes qui ne reflètent pas la réalité », a martelé l’historienne, appelant ainsi à une mise en cohérence des institutions.
Elle a par ailleurs invité à inscrire cette quête de renouveau dans une trajectoire historique profonde. Elle a notamment évoqué la révolution Torodo de 1776, portée par Thierno Souleymane Bal, un mouvement qui avait su placer la question sociale au cœur de ses priorités en instaurant un État fondé sur l’islam, l’égalité, la justice et le refus de l’esclavage.
Dans un contexte où les attentes de la jeunesse et des femmes se font de plus en plus pressantes, Penda Mbow a également plaidé pour l’avènement d’une « citoyenneté égalitaire et participative » respectueuse des diversités culturelles, sociales et linguistiques. Bien qu’elle reconnaisse « les progrès » accomplis par le Sénégal entre les années 1960 et 2000, elle estime que ces acquis demeurent insuffisants face aux défis actuels de l’inclusivité.
« Il y a beaucoup de travail à faire », a-t-elle dit , tout en exhortant les acteurs à s’appuyer sur la solidité de l’expérience démocratique sénégalaise pour forger des institutions pérennes, véritablement en phase avec les espoirs de la population.






