NETTALI.COM - L’affaire des 18 supporters sénégalais condamnés au Maroc connaît un nouveau développement judiciaire. Le parquet marocain et la partie civile ont décidé de faire appel du jugement rendu en première instance, ouvrant ainsi une nouvelle phase dans cette procédure très suivie au Sénégal comme au Maroc.

Selon Me Patrick Kabou, avocat chargé de la défense des supporters sénégalais, l’audience d’appel est fixée au 16 mars 2026 devant la juridiction compétente au Maroc. L’information a été confirmée par l’avocat, qui a indiqué devoir se rendre sur place pour assister à cette nouvelle audience.

Pour Me Patrick Kabou, plusieurs éléments de procédure pourraient jouer en faveur des prévenus. L’avocat estime notamment que certaines dispositions du droit marocain n’auraient pas été pleinement respectées lors du procès en première instance.

Il cite en particulier l’article 308, qui prévoit que les personnes impliquées dans les incidents — notamment le stadier, les supporters et le policier concernés — doivent être présents dans la procédure. Selon lui, l’absence de certains acteurs clés pourrait constituer un motif de nullité de la procédure.

« Si on suit le droit, ils pourraient être libérés pour cause de nullité », a-t-il expliqué, tout en rappelant que la législation marocaine sanctionne également certains objets interdits dans les stades, y compris l’utilisation de sifflets, considérée comme une infraction dans certaines circonstances.

Au-delà de la bataille judiciaire, une démarche diplomatique est également en cours. D’après Me Kabou, une demande de grâce a été déposée auprès du cabinet du roi du Maroc, dans l’espoir d’obtenir une mesure de clémence.

Cette initiative viserait à faire évoluer le dossier vers une solution politique ou diplomatique, en complément de la procédure judiciaire en cours.

Pour rappel, les 18 supporters sénégalais avaient été condamnés le 19 février 2026 par la justice marocaine à des peines de prison ferme allant de trois mois à un an, à la suite d’incidents survenus lors d’une rencontre sportive.

L’audience d’appel du 16 mars sera donc déterminante pour la suite de cette affaire, qui mobilise à la fois les avocats, les autorités sénégalaises et les familles des détenus, dans un contexte où la voie judiciaire et la voie diplomatique semblent désormais évoluer en parallèle.