NETTALI.COM - Le Parti de l’Indépendance et du Travail (PIT-Sénégal) a publié, le mercredi 24, une déclaration intitulée “Civilisation ou barbarie ?”. Dans un contexte marqué par de fortes tensions sociales et politiques, la formation politique appelle à la retenue, au respect scrupuleux de la justice et à la protection des droits fondamentaux, tout en exigeant que toute la lumière soit faite sur les faits graves récemment évoqués dans l’espace public.

En effet, dans sa déclaration, le Secrétariat du Comité central du PIT estime que le Sénégal traverse “une crise profonde” mêlant difficultés économiques, crispations politiques et fractures sociales. Dans ce cadre, le parti évoque un marasme économique persistant, une gouvernance jugée défaillante et un climat politique tendu, mais souligne surtout l’émergence de “fractures insidieuses et potentiellement explosives” susceptibles de fragiliser davantage la cohésion nationale. La formation politique fait en fait référence à l’émoi suscité par l’annonce de l’existence présumée d’un réseau mêlant exploitation sexuelle de mineurs, actes criminels et transmission volontaire du VIH.

Sans se substituer à la justice, le PIT insiste sur la gravité des accusations. Si les faits venaient à être établis, ils constitueraient, selon le parti, des “crimes odieux” révélant une défaillance collective dans la protection des enfants en situation de vulnérabilité.

Le parti souligne également la cruauté particulière que représenterait la transmission délibérée d’une maladie, si celle-ci était avérée, et appelle à une enquête rigoureuse et indépendante.

Le PIT-Sénégal demande que les investigations soient menées “avec sérénité, indépendance et rigueur”, y compris en coopération avec d’éventuelles juridictions étrangères si des ramifications internationales étaient confirmées.

Il appelle à l’identification des responsabilités et à l’application de sanctions conformes à la loi, tout en insistant sur la nécessité d’un dispositif d’accompagnement pour les victimes, tant sur le plan psychologique que sanitaire et social. Si l’indignation suscitée par les révélations est jugée compréhensible, le PIT met en garde contre les dérives.

Le parti dénonce la diffusion de noms sur les réseaux sociaux, la stigmatisation de personnes supposées homosexuelles et les appels à la violence. Selon lui, substituer la rumeur à la procédure judiciaire constitue une pente dangereuse. “Lorsque l’émotion remplace la preuve et que la colère supplante le droit, la société s’expose à l’arbitraire”, avertit-on dans la déclaration, qui rejette toute forme de “mise à mort sociale” fondée sur la délation.

Au-delà de l’affaire en cours, le PIT estime que le climat d’indignation ne doit pas occulter d’autres défis majeurs dont la crise scolaire et universitaire, les difficultés agricoles, le chômage croissant et l’émigration irrégulière.

La formation critique notamment l’idée d’installer des commissariats au sein des universités, évoquée par le Premier ministre, y voyant une réponse inadaptée aux difficultés structurelles du système éducatif.

En conclusion, le PIT-Sénégal appelle à un sursaut collectif fondé sur la protection des enfants, la justice sociale et le respect des institutions. Pour le parti, “la civilisation ne se mesure pas à la violence des indignations mais à la solidité des institutions”. Face aux tensions actuelles, il invite les citoyens et les autorités à choisir “l’État de droit au service du bien commun”, plutôt que “la barbarie de la rumeur et de la haine”.