NETTALI.COM — Le tribunal de grande instance de Dakar a renvoyé au 20 mars prochain, le procès du chroniqueur Abdou Nguer, poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles. Une décision contestée par ses avocats qui dénoncent une mesure exceptionnelle et une atteinte aux droits de la défense.
Le président du tribunal de grande instance de Dakar, Mamadou Diouf, a décidé de renvoyer au 20 mars prochain le procès du chroniqueur Abdou Nguer, jugé en flagrant délit pour diffusion de fausses nouvelles. La décision a été prise vendredi dernier après l’appel de l’affaire et la constitution des avocats de la défense.
Ce renvoi d’un mois constitue une mesure inhabituelle dans les procédures de flagrants délits, généralement caractérisées par leur célérité. Le journal souligne que cette décision est jugée « rarissime » par les habitués des audiences de ce type.
Pour protester contre cette mesure, les avocats du chroniqueur ont adressé des courriers au bâtonnier de l’Ordre des avocats, au président de la Cour d’appel et au président de la Cour suprême.
Dans leurs correspondances, les conseils d’Abdou Nguer dénoncent l’attitude du magistrat, qu’ils estiment proche d’un abus de pouvoir et révélatrice, selon eux, d’une certaine partialité.
Les robes noires affirment également que le juge leur aurait indiqué qu’ils ne pouvaient pas déposer une demande de mise en liberté provisoire après avoir prononcé le renvoi du dossier. Une décision qualifiée de « mesure unilatérale » par la défense qui estime qu’elle viole les dispositions du Code de procédure pénale ainsi que les principes consacrés par la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Abdou Nguer a été arrêté puis placé sous mandat de dépôt à la suite de déclarations critiques visant le communiqué du procureur de la République sur les circonstances du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Ce dernier a trouvé la mort lors des violentes manifestations survenues à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).
Le chroniqueur est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles dans un contexte marqué par de fortes tensions autour de cette affaire, qui continue de susciter débats et controverses dans l’espace public.
Le procès, désormais fixé au 20 mars, devrait permettre à la justice de se prononcer sur les charges retenues contre le prévenu, tandis que la polémique sur la procédure engagée reste vive.






