NETTALI.COM - Après la capture du Président vénézuélien, les menaces contre le Groenland et le Canada, Trump déploie son armada dans le Moyen Orient et met en péril la sécurité dans toute la région. Face à ces dérives impérialistes de plus en plus récurrentes, des experts s’interrogent de plus en plus sur l’avenir du multilatéralisme.

La guerre des nerfs entre les États-Unis et l’Iran a franchi, hier mardi 3 février, une nouvelle étape dans l’escalade. L’armée américaine a abattu un drone iranien qui s’approchait d’un des porte-avions qu’ils ont stationné au Moyen Orient, selon un communiqué du commandement américain pour le Moyen-Orient. Pendant ce temps, l’Iran continue de bander les muscles en agitant un embrasement régional en cas d’attaques contre son territoire.

Avant l’Iran, il y a eu le Venezuela, le Groenland, le Canada, pour ne citer que ces exemples. Le grand absent dont on ne parle presque plus dans ces tensions internationales, c’est l’Organisation des nations unies (ONU), largement fragilisée par Donald Trump depuis son élection pour un second mandat. C’est à se demander si l’organisation sert encore à quelque chose ?

Pour Richard Hounkpé, analyste géopolitique et expert en communication stratégique et politique, l’avenir des Nations Unies est extrêmement préoccupant. A son avis, les États-Unis, par leurs agissements depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, sont en train, méthodiquement, de démanteler le système international et toutes les institutions qui l’incarnent.

Le démantèlement du système international et la loi du plus fort

A la question de savoir s’il ne faudrait pas délocaliser le siège des Nations-Unies au lieu de le maintenir dans un pays qui ne croit plus au multilatéralisme, le directeur du cabinet Interglobe conseils rétorque : “Avec l’aversion de Trump, je pense que la question à toute sa pertinence. Pourquoi pas délocaliser le siège en Europe ou en Afrique ou dans d’autres pays qui croient au multilatéralisme. Si l’ONU doit démontrer sa vocation d’être une organisation planétaire qui se respecte, elle est en tout cas obligée de s’adapter dans ce contexte très complexe.

De plus en plus, des voix s’élèvent pour prédire la fin de ce multilatéralisme, puisque les puissances ont décidé de fouler au pied les règles du système international. Mais Hounkpé lui, se veut encore optimiste. Pour lui, cette situation peut aussi être une chance pour le système international. “C’est le moment où jamais pour les organisations internationales, l’ONU en particulier, de se réformer et de s’adapter au temps. A mon avis, contrairement à ce que l’on pense, le temps milite en faveur d’un multilatéralisme réel et complet”, souligne le spécialiste.

L’ambivalence de l’Europe face à la dérive Trumpienne

Si Trump, lui, n’avance plus masqué, ayant fini de montrer son aversion pour le système international préétabli, l’Europe, lui, se singularise par une posture souvent trop ambivalente, difficile à comprendre. Tantôt elle défend le multilatéralisme, tantôt elle adoube les démarches unilatérales des États-Unis. Tantôt elle est vent debout contre Trump, tantôt elle voit en lui une sorte de libérateur. Comme dans les dossiers vénézuélien et iranien.

Alors que certains parlent de paradoxe, le directeur d’Interglobe préfère parler de posture à géométrie variable. Ce qui importe, selon lui, pour ces puissances, c’est leurs intérêts. “Nous avons vu que, quand Trump a fait capturer Maduro, il y a eu à peine des condamnations, parfois même pas. En revanche, quand il y a eu des menaces sur le Groenland, tout le monde s’est mobilisé et a été très ferme. Ce qui importe, ce sont leurs intérêts”, relève l’analyste géopolitique.

Au-delà des intérêts, l’Europe est aussi affaiblie par son absence d’autonomie. “Les Européens n’arrivent pas à réagir fermement contre les États- Unis, parce qu’ils ne disposent pas de ce que l’on appelle une réelle autonomie stratégique. Tant que ce ne sera pas le cas, ils ne seront pas en mesure d’élever la voix”, soutient Monsieur Hounkpé, qui appelle les autres pays dont les Africains à prendre conscience de cette nouvelle situation et à s’organiser pour défendre efficacement leurs intérêts stratégiques.

Les menaces Iraniennes et la réaction de la France

Depuis quelques jours, toutes les attentions sont tournées vers le Moyen Orient, avec le déploiement de l’armada américaine dans la zone. Face à cette pression, l’Iran multiplie les menaces dont la dernière en date vise les bases françaises dans la région. Hier, le président français Emmanuel Macron a réagi aux menaces en soutenant que la France reste vigilante face à ce qui se passe. “Nous avons des emprises militaires dans la région, avec des soldats qui y sont déployés dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, mais aussi pour former les armées des pays de la région qui sont nos partenaires, ainsi que pour leur stabilité”, a-t-il annoncé.

Pour lui, toutes les dispositions ont été prises pour mettre ces soldats dans les conditions optimales de sécurité. “Partout où elles sont, nous les mettons dans des situations les plus renforcées de sécurité. Nous avons pris toutes les dispositions pour que les soldats qui sont là-bas, soient dans des situations optimales de sécurité”, rassure le Président français.

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