NETTALI.COM - Lors de la présentation, le mardi 27 janvier, de son livre intitulé : “101 discours d’espoir : plaidoyer pour un monde meilleur”, l’ancien Premier ministre Me Sidiki Kaba est revenu sur les combats qui ont rythmé sa vie d’abord en tant que défenseur des droits humains, ensuite en tant qu’acteur clé du régime de Macky Sall. Traque des biens mal acquis, poursuites contre le régime de Macky Sall, Me Kaba dit tout !
Parlant de la justice internationale à travers notamment les accusations contre le régime du président Macky Sall dans lequel il a servi tour à tour en tant que ministre de la Justice, ministre des Affaires étrangères, ministre des Forces armées, ministre de l’Intérieur avant de regagner la Primature, il regrette des accusations sans fondements. “C’est de la fanfaronnade”, tranche-t-il, invitant les avocats qui avaient saisi la Cour pénale internationale de dire à l’opinion les résultats de leur saisine.
Pour lui, il n’y a eu au Sénégal aucun des crimes pour lesquels la CPI est compétente. Tout au plus, il y a eu des infractions dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre. Lesquelles obéissent à trois règles fondamentales et universelles : le principe de la légalité ; le principe de la nécessité et le principe de la proportionnalité. “Si un de ces principes a été violé, les responsables doivent en répondre ; ils ne doivent pas être protégés par la hiérarchie. Parce que personne ne leur demande de tirer sur les personnes. Bien au contraire”, a plaidé l’avocat.
Mais encore faudrait-il qu’il y ait des procès équitables, avec une justice respectueuse de tous les droits. À ceux qui réclament des poursuites contre l’ancien président Macky Sall, Me Kaba se veut formel. “Il ne sera jamais, jamais, jamais, poursuivi. Parce que, d’abord il n’y a rien ; ensuite il y a son immunité. La haute trahison que l’on invoque souvent n’est même pas définie. Il faudra la définir et si on le fait maintenant, elle ne saurait rétroagir”, assure-t-il.
Pour les ministres, en revanche, ils doivent rendre des comptes, mais encore faudrait-il prouver leur culpabilité. Idem pour les hauts officiers que l’on accuse à tort. “On parle beaucoup de Gl Moussa Fall, pourquoi on ne parle que de lui. Gl Tine était haut commandant de la Gendarmerie avant lui. Certains sont morts pendant qu’il était à la tête de la Gendarmerie. Est-ce qu’on va dire qu’il est responsable ? Il faut en apporter les preuves”.
L’ancien ministre de la Justice de donner l’exemple de l’étudiant Bassirou Faye qu’il a eu à gérer en tant que Garde des Sceaux en 2014. Pour lui, c’était la première fois qu’un régime au Sénégal faisait un procès sur ce type de crime. “Ces crimes n’étaient jamais élucidés dans ce pays, auparavant. Pour une fois, il y a eu une décision, et ceux qui ont été jugés coupables ont été condamnés à 20 ans”, rappelle-t-il insistant sur la nécessité de respecter les droits de la défense, les droits à un procès juste et équitable.
L’engagement politique
Éminente personnalité de la société civile, Sidiki Kaba a été invité à s’engager en politique en 2014, suite à un appel du Président Macky Sall. Ce qui l’a le plus motivé, selon lui, c’est la possibilité de mettre en oeuvre certaines de ses convictions fortes. La politique, rappelle-t-il, n’est pas sa tasse de thé ; c’est plutôt son grand frère, l’ancien député Lansana Kaba qui faisait la politique. Macky Sall l’avait convaincu en l’invitant à venir l’aider dans la mise en oeuvre des réformes judiciaires. “Nous nous sommes toujours battus pour les droits humains, notamment contre les longues détentions provisoires, en tant que militants. Il nous arrivait d’avoir quelquefois gain de cause sur un ou deux cas. Ministre de la Justice, là où j’en avais deux libérations, il m’arrivait de faire libérer 2 000 à 3 000”, s’est-il félicité justifiant que son engagement politique ne l’a jamais éloigné de ses convictions. Il y est parvenu en faisant appliquer une disposition du Code pénal qui favorise la libération de certains détenus présentant des conditions de sociabilité.






