NETTALI.COM - La Convergence des cadres républicains (CCR) a vivement réagi à la décision de placement sous mandat de dépôt de Pape Malick Ndour, estimant que cette décision judiciaire intervient dans un contexte de fortes pressions politiques et porte atteinte aux principes fondamentaux de l’État de droit.
Dans un communiqué rendu public, la CCR dit exprimer sa « profonde préoccupation » face aux récents développements de l’affaire impliquant l’ancien ministre Pape Malick Ndour. Selon cette structure, la décision de la chambre d’accusation d’ordonner son placement en détention soulève de « sérieuses interrogations » sur l’indépendance et la crédibilité de la justice sénégalaise.
La CCR établit un lien direct entre cette évolution judiciaire et les déclarations publiques tenues récemment par le Premier ministre Ousmane Sonko. Elle estime que la justice aurait cédé à des « pressions politiques évidentes », rappelant que le recours introduit par le parquet financier contre la décision de placement sous bracelet électronique serait resté, pendant plus de deux mois, inconnu des avocats de la défense et de l’opinion publique.
Pour la Convergence des cadres républicains, cette situation traduit une volonté délibérée de « surprendre » afin de placer définitivement l’ancien ministre en détention. Elle évoque une « volte-face spectaculaire » de l’institution judiciaire, qui, selon elle, jette un discrédit grave sur la justice et alimente le sentiment d’une application sélective du droit, dépendante du rapport de force politique du moment.
La CCR dénonce également ce qu’elle considère comme un traitement politique et médiatique à « deux vitesses » de l’affaire. Elle relève que le silence observé par Pape Malick Ndour, au nom du respect des institutions, aurait été interprété comme une forme de complicité, tandis que la décision judiciaire conforme aux attentes du parti Pastef aurait été saluée par ses partisans comme la preuve d’une justice enfin « efficace ».
Dans son communiqué, la CCR met en garde contre une « instrumentalisation dangereuse » de la justice, qu’elle juge susceptible de menacer la stabilité nationale et la cohésion sociale. Elle estime que l’institution judiciaire ne doit ni céder aux pressions, ni devenir un outil de règlement de comptes politiques.
Réaffirmant son « soutien total » à Pape Malick Ndour, la Convergence des cadres républicains insiste sur le respect de la présomption d’innocence, de la cohérence des procédures et de l’indépendance réelle de la justice. Elle affirme que seule une justice impartiale permettra de restaurer la confiance des citoyens et de préserver la démocratie.
Sur le fond du dossier, la CCR soutient que Pape Malick Ndour est « totalement innocent » des faits qui lui sont reprochés. Elle juge les accusations infondées, soulignant une incohérence chronologique majeure : le rapport sur lequel s’appuierait l’accusation aurait été rédigé en 2018, alors que l’intéressé n’a été nommé à ses fonctions qu’en juin 2019. Selon la CCR, cette contradiction suffirait à démontrer le caractère fragile du dossier.
L’organisation estime enfin qu’il est juridiquement incohérent d’évoquer une complicité entre Pape Malick Ndour et des personnes qu’il aurait remplacées, sans lien de collaboration ou de participation avéré. Pour la CCR, cette construction du dossier relève davantage d’un « acharnement politique » que d’une démarche judiciaire objective.






