NETTALI.COM - Portée par plusieurs organisations citoyennes, la plateforme “Référendum Rek” entend faire du respect de la souveraineté populaire une ligne rouge. Pour ses initiateurs, la Constitution ne peut être révisée qu’avec l’aval direct des Sénégalais. Ils appellent les forces vives à se mobiliser pour empêcher toute modification sans consultation nationale.
À la suite du discours à la Nation du 31 décembre 2025, au cours duquel le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a annoncé son intention d’engager une réforme constitutionnelle par voie parlementaire, plusieurs organisations citoyennes ont décidé de se regrouper au sein d’une nouvelle plateforme baptisée “Référendum Rek – Touche pas à notre Constitution”.
En effet, il s’agit des mouvements Rappel à l’Ordre, Front de Résistance de la diaspora sénégalaise (FRDS), Rassemblement des travailleurs (RTS) et le Mouvement des Sénégalais démocrates (MSD). Ils affirment, dans un communiqué conjoint parvenu à "Nettali.com", que leur démarche n’est pas fortuite. Ainsi, arguent-ils, “cette initiative vise à remettre la décision sur les réformes constitutionnelles entre les mains du peuple sénégalais, seul détenteur de la souveraineté nationale”.
Pour les signataires, la Loi fondamentale ne peut faire l’objet d’une révision portée uniquement par la majorité parlementaire. “La Constitution est le socle de la République. Elle n’appartient ni à un gouvernement, ni à une majorité politique conjoncturelle, encore moins à une Assemblée nationale partisane. Elle appartient exclusivement au peuple sénégalais”, soulignent-ils.
Ils estiment, dès lors, que toute réforme majeure doit impérativement passer par référendum. “Toute tentative de modification par un passage en force parlementaire constituerait une remise en cause grave de l’esprit républicain, de l’État de droit et du pacte démocratique”, préviennentils.
Tout en rappelant les recommandations issues des Assises de la justice qui portent, selon eux, sur des réformes “profondes et structurantes”, ils soulignent que ces transformations ne sauraient être décidées sans l’expression directe du peuple. Dans cette perspective, la plateforme énonce trois lignes rouges : “Pas de révision constitutionnelle sans référendum” ; “Pas de confiscation de la souveraineté populaire” ; “Pas de coup de force institutionnel”.
Les initiateurs lancent un appel large aux acteurs politiques et sociaux : opposition, société civile, journalistes, universitaires, syndicats, leaders religieux et coutumiers, afin de “faire bloc” autour de la plateforme. “Au-delà des divergences politiques et des appartenances partisanes, il s’agit de défendre un principe fondamental : le droit inaliénable du peuple sénégalais à décider souverainement de l’avenir de sa Constitution”, écrivent-ils, avant de prévenir : “l’heure n’est ni aux calculs politiciens ni aux silences complices. L’histoire jugera chacun à l’aune de son engagement pour la démocratie.”






