NETTALI.COM - Pas de troisième match pour Pierre-Emerick Aubameyang dans cette CAN 20255. Après l'officialisation de l'élimination du Gabon dès les phases de poule, l'attaquant des Panthères rentre à Marseille, ce qui est une aubaine pour le club phocéen sachant qu’il avait une gêne.
Le Gabon aura un dernier match face à la Côte d’Ivoire, l’élimination du Gabon est déjà bien réelle. Après le revers face au Cameroun (1-0) puis face au Mozambique (2-3), les gabonais n’ont pas été repêché en tant que meilleure troisième de poule.
Le bras de fer tendu entre Marseille et le Gabon
Pierre-Emerick Aubameyang aurait pu vivre une CAN tranquille, à 36 ans, dans un rôle de capitaine expérimenté. Il s’est finalement retrouvé au centre d’un conflit feutré mais tendu entre l’Olympique de Marseille et la sélection du Gabon, réveillant une vieille cicatrice : celle de la lutte récurrente entre clubs européens et sélections africaines autour de la gestion des joueurs pendant la CAN.
Tout a commencé le 6 décembre dernier, quand Aubameyang sort sur blessure face à l’AS Monaco. Diagnostic rapide : lésion à la cuisse gauche. Marseille garde alors l’attaquant au club pour superviser sa convalescence, avec l’accord de la Fédération gabonaise. Jusque-là, tout roule. Mais plus la CAN approche (coup d’envoi le 13 décembre), plus la situation se crispe. Le Gabon attend son capitaine, l’OM temporise.
Finalement, "PEA" débarque au Maroc seulement deux jours avant une rencontre capitale contre le Cameroun. Il est accompagné d’un kiné marseillais, preuve que le club garde un œil sur lui. Dans la foulée, les tensions montent. Thierry Mouyouma, sélectionneur du Gabon, le fait entrer en jeu contre les Lions Indomptables. Marseille grince des dents : pour le staff médical olympien, il n’était pas à 100%. Mouyouma, lui, assume son choix et dénonce un ton condescendant venu de France. "On nous parle comme si la CAN comptait moins qu’un match de Ligue 1", lâche-t-il publiquement.
"La CAN est la 3e compétition au monde. [...] Ce mépris envers la CAN doit s'arrêter. Nous ne recevons des diktats de personne pour utiliser des joueurs qui sont nés dans le pays. Ça, c'est valable pour Marseille et tous les clubs qui peuvent le penser", a-t-il laché.
Élimination rapide, retour express, OM soulagé
Quelques jours plus tard, ça ne s’arrange pas. Aubameyang est titularisé face au Mozambique. Il marque, certes, mais cela ne suffit pas : défaite 3-2, et élimination prématurée du Gabon.
Ce revers scelle son retour immédiat à Marseille. Et à vrai dire, il arrange bien la direction olympienne. C’est un peu dur à dire, mais dans les couloirs de la Commanderie, on l’attendait comme ça. Sans blessure aggravée, et plus tôt que prévu.
Son retour tombe à pic. L’OM, qui vise le top 5 en Ligue 1, va pouvoir compter à nouveau sur son leader d’attaque dès le 14 janvier, date du match contre Nantes au Vélodrome (coup d’envoi à 19h45). Avec 10 buts inscrits en 21 matchs depuis août, l’apport de l’ancien Gunner est loin d’être négligeable. Et tant qu’à faire, l’OM pourrait aussi bientôt enregistrer le retour d’Amine Gouiri, en convalescence depuis une opération à l’épaule droite fin novembre.
Au passage, cette histoire illustre encore une fois le paradoxe de la CAN. Programmée tous les deux ans en plein hiver, elle expose les internationaux africains à une double pression : répondre à l’ appel de la nation, sans froisser des clubs qui misent sur eux semaine après semaine.






