NETTALI. COM - La Direction générale du Groupe Société nationale La Poste et des organisations syndicales partenaires ont signé, ce vendredi 26 décembre 2025, à Dakar, un protocole d’accord révisé sur les conditions de départ volontaire des agents. Le protocole est rejeté par trois autres syndicats majoritaires.

Face à la crise que traverse la Poste, un protocole d’accord « révisé» a été signé ce vendredi entre la direction générale et le Syndicat national des travailleurs de La Poste (Sntp) et le Synapost. Cette entente est présentée comme « un compromis responsable, conciliant impératifs de redressement et respect de la dignité des travailleurs ».

Selon les explications du Directeur général, Maguette Kane, le nouveau protocole prévoit des indemnités de départ calculées en fonction de l’ancienneté et de la hiérarchie, pouvant atteindre jusqu’à trente mois de salaire brut de fin de contrat, auxquels s’ajoutent des indemnités compensatrices de congés. Pour l’année en cours, 268 agents ont accepté de partir volontairement, avec des montants oscillant entre 6 et 40 millions de FCfa, hors indemnités complémentaires.

Le Secrétaire général du Synapost, Ibrahima Faye s’est réjoui de l’accord. Selon lui, « ce protocole n’est pas une menace pour les travailleurs, mais une opportunité pour stabiliser l’entreprise». A l’en croire, l’État a accepté d’accompagner La Poste à hauteur de 9 milliards de F Cfa sur trois ans, soit 3 milliards par an, pour garantir les salaires et soutenir la restructuration.

Le secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de La Poste (Sntp), Ahmed Diouf, a rappelé que « le plan initial de 30 milliards de FCfa était financièrement insoutenable ». A son avis, « signer ce protocole, c’est accepter la réalité économique pour mieux rebondir». « En signant, nous protégeons ceux qui restent et contribuons à créer les conditions d’une relance durable des activités », a justifié le syndicaliste.

Cependant les secrétaires généraux du Syndicat national des travailleurs des Postes et Télécommunications (Sntpt), du Syndicat national des agents de La Poste (Synap) et du Syndicat libre du Groupe La Poste (Slgp) ne l’entendent pas de cette oreille. Ils ont déchiré le protocole car ils estiment que la relance de La Poste ne doit pas se faire contre les travailleurs, mais plutôt avec eux et dans le respect de leurs droits.

Selon leur porte-parole du jour, Ibrahima Sarr, secrétaire général du Sntpt « le protocole est non seulement ridicule au regard des sacrifices demandés aux travailleurs, mais surtout dégradant méprisant et socialement dangereux. Il traduit une vision purement comptable, déconnectée des réalités humaines, économiques et sociales ». Le syndicaliste accuse le gouvernement de faire du dilatoire et affirme que la seule convention « légalement valable» à ce jour demeure celle signée en 2023. Cet accord « librement consenti, visait à retrouver les équilibres de l'entreprise, à préserver la paix sociale et à éviter des procédures longues et préjudiciables. Les travailleurs avaient consenti un effort significatif en renonçant à 12 mois sur les 60 mois de bonus, le ramenant à 48 mois ».

Présent aux côtés de ces syndicalistes, le député Guy Marius Sagna a invité le gouvernement à ouvrir des négociations avec les travailleurs. « Payer six millions à certains travailleurs de La Poste, c'est les précipiter dans la précarité, ce qui sera un fardeau pour l'État », a-t-il martelé.