NETTALI.COM - Alors qu’une éventuelle réouverture du dossier judiciaire de l’affaire Prodac est de nouveau agitée dans les médias ces derniers jours, l’un des principaux protagonistes reste droit dans ses bottes.

Invité de l’émission Sen Show sur la SenTv, hier soir, l’ancien ministre apériste, Mame Mbaye Niang, a réitéré qu’”aucun fait nouveau le concernant ne pourrait être établi” dans un supposé rapport qui l’aurait épinglé.

L’affaire Prodac tourne autour d’un procès en diffamation intenté par M. Niang à l’alors farouche opposant Ousmane Sonko, aujourd’hui Premier ministre. Ce dernier a été condamné à six mois de prison avec sursis et au paiement de dommages et intérêts de 200 millions de FCFA au plaignant. Or, avec cette peine, le leader de Pastef risque une inéligibilité de cinq ans en application de l’article L.30 du Code électoral, incluant la présidentielle de 2029.

Un véritable casse-tête pour Ousmane Sonko, après que la Cour suprême a rejeté, en juillet dernier, un “rabat d’arrêt” introduit à ce propos par ses avocats. Il y a quelques jours, des médias ont rapporté que, lors de l’examen par les députés du budget de son département, la ministre de la Justice, Yacine Fall, aurait évoqué une éventuelle révision du procès en diffamation.

Lors d’une rencontre avec ses partisans de Pastef, l’intéressé, juste après le verdict de la Cour suprême, n’avait pas mâché ses mots : “C’est ce dossier qui a été à l’origine du rejet de ma candidature à l’élection présidentielle de 2024, mais ce dossier n’est pas fini”, a soutenu Ousmane Sonko. Déclarant s’appuyer sur un “rapport” de l’Inspection générale des finances (IGF), il a ajouté que ses avocats allaient “adresser une lettre au ministre de la Justice, [parce que] ce rapport signé par le ministre des Finances de l’époque, Amadou Ba, est un fait nouveau”.

Mais de l’avis de Mame Mbaye Niang, il n’existe pas de rapport du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac) le concernant, alors qu’il en assurait la tutelle technique en qualité de ministre, entre juillet 2014 et avril 2019. Au surplus, dit-il, c’est méconnaître que l’IGF ne peut pas auditer un ministre qui n’est ni ordonnateur ni gestionnaire de crédits, encore moins dans le cas du Prodac, qui jouit d’une autonomie de gestion.

En outre, “il ne peut pas y avoir d’élément nouveau, puisque le rapport sur le Prodac produit récemment par la Cour des comptes sur la gestion 2018-2021 ne me cite pas”, a ajouté l’ancien ministre de la Jeunesse. “C’est encore de la diversion. Si les gens veulent suivre Ousmane Sonko et son ministre de la Justice dans ce jeu de dupes, c’est leur problème. Cette affaire, après le rabat d’arrêt, c’est fini, c’est bouclé”, a martelé M. Niang.

Par ailleurs, Mame Mbaye Niang dit ne pas se préoccuper des conséquences de la condamnation de Sonko, notamment les interrogations sur sa participation à la prochaine élection présidentielle. “Il n’a qu’à s’en prendre à lui-même. Personne ne l’a obligé à me diffamer, à salir mon honneur et à persister dans son erreur”, a-t-il lancé.

Dans la même veine, il entend recouvrer, par les voies légales, les 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts que lui a accordés la justice.