NETTALI.COM- Le vote du budget des différents départements ministériel démarre ce samedi 29 novembre 2025. Le
Projet de loi de finances initiale (PLFI) pour l'année 2026 , examiné par la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire de l'Assemblée nationale du Sénégal , s'inscrit dans une optique de redressement économique et social, visant à corriger les déséquilibres structurels et à relancer l'économie nationale. Ce budget constitue un budget de redressement, de justice et de restauration de la confiance.
Cadre macroéconomique et prévisions
Le PLFI 2026 est élaboré dans un contexte marqué par la négociation d’un nouveau programme avec le Fonds Monétaire International (FMI) et l’élaboration d’un Plan de Redressement économique et social (PRES).
La Croissance du PIB Réel est projetée à 5,0% en 2026 , contre une prévision de 7,8% en 2025. Cette croissance serait principalement tirée par le secteur primaire (+6,1%) et le tertiaire (+5,4%). Le Gouvernement s'est engagé à ramener le Déficit Budgétaire à 5,37% du PIB en 2026 , avec l'objectif de l'atteindre à 3% en 2027 (après 7,8% attendu fin 2025 ). La Pression Fiscale est attendue à 23,2% du PIB en 2026 , contre 19,3% au titre de la LFI 2025.
Lignes de recettes et dépenses du budget 2026
Le Projet de Budget 2026 est en nette augmentation par rapport à la Loi de Finances Initiale (LFI) 2025. Les Recettes totales sont arrêtées à 6 188,8 milliards FCFA en 2026 , soit une hausse de 1 174,5 milliards FCFA (23,4%) par rapport à la LFI 2025. Les Dépenses totales sont arrêtées à 7 433,9 milliards FCFA , soit une augmentation de 819,1 milliards FCFA (12,4%) par rapport à 2025. Les recettes du Budget Général sont arrêtées à 5 932,2 milliards FCFA , et comprennent les recettes fiscales estimées à 5 384,8 milliards de FCFA, portées par les recettes fiscales issues du PRES pour 703,6 milliards de FCFA. En ce qui concerne les dépenses du budget général, programmées à 7 177,2 milliards FCFA , elles comprennent notamment les intérêts et commissions de la Dette publique portés à 1 190,6 milliards de FCFA , et les dépenses de personnel projetées à 1 532,8 milliards de FCFA.
Le Financement : Les recettes attendues du Plan de Redressement économique et social (PRES) sont très importantes pour l’année 2026, à plus de 760 milliards de FCFA. Ces recettes proviendront, entre autres, des jeux de hasard, de la régularisation foncière, de la taxation du mobile money, de l’alcool et du tabac.
Piliers stratégiques et orientations
Le Projet de Loi de Finances initiale (PLFI) pour 2026 s’appuie sur trois (3) piliers essentiels : rétablir les équilibres économiques fondamentaux , moderniser la façon de gérer le budget , et financer un développement endogène qui profite à tous.
Les priorités sectorielles se concentrent sur : investir dans l’intelligence nationale à travers l’Éducation et la Formation , garantir la dignité à chaque citoyen en rapprochant les services de santé des populations et consolider la Couverture Maladie universelle , produire ce que nous consommons , garantir l'accès universel à l'eau potable et renforcer la résilience face aux effets des changements climatiques , investir dans les politiques de jeunesse et de l’emploi , et poursuivre le déploiement du Plan Diomaye pour la Casamance.
Défis et débats clés
Le débat général en commission a soulevé plusieurs préoccupations. Le stock de la Dette Publique du Sénégal est arrêté à environ 119% du PIB , et des commissaires ont estimé qu’il ne parait pas réalisable de le ramener au seuil prudentiel de 70% fixé par l’UEMOA dans le court terme. Le Ministre des Finances et du Budget a affirmé que cette dette était bel et bien cachée puisqu’elle ne figurait pas dans les statistiques affichées.
Le besoin de financement pour 2026 tourne globalement autour de 6 075,2 milliards de FCFA , et concerne principalement l’amortissement du capital de la dette, évalué à 4 307,4 milliards de FCFA. Ce besoin de financement sera particulièrement recherché dans le marché financier régional. Le Ministre de l'Économie, du Plan et de la Coopération a indiqué que l'État n'a plus véritablement de marge de manœuvre et que le changement de paradigme sera de mettre maintenant le secteur privé au-devant.
Des Commissaires ont demandé un état des lieux sur le processus de rationalisation du train de vie de l’État et se sont montrés perplexes devant la lenteur de la suppression annoncée de certaines agences et directions.
Les Ministres ont été interpellés sur les mesures de réduction du coût de la vie , notamment la baisse du prix de l’électricité annoncée par le Premier Ministre. Un travail mené par la SENELEC a permis de dégager 6 milliards FCFA réaffectés à la tranche sociale, permettant une réduction de 6 FCFA sur le kilowatt.