NETTALI.COM - Attendu ce vendredi à l'Assemblée nationale pour répondre aux questions des députés, Ousmane Sonko sera encore boycotté par une partie de l'opposition parlementaire. C'est du moins ce qu'on apprend d'un communiqué conjoint rendu public ce mercredi.
L'opposition parlementaire va donc remettre ça. Après avoir boycotté le Premier ministre lors de son dernier passage à l'Assemblée nationale, les députés de l'opposition, notamment ceux de Takku Wallu, ont décidé de ne pas participer à la séance de questions d'actualité prévue ce vendredi. Dans un communiqué conjoint des députés non-inscrits et du Groupe parlementaire Takku Wallu, on peut lire : "Les députés non-inscrits, dans leur majorité, ainsi que l’ensemble des membres du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, portent à la connaissance de l’opinion nationale et internationale leur décision de ne pas participer" à la plénière de ce vendredi consacrée aux questions d'actualité au gouvernement. "Cette décision s’inscrit dans la continuité d’une position déjà exprimée et toujours pas prise en compte par l’Assemblée nationale. Elle répond à un impératif de cohérence et de responsabilité : protéger la dignité de l’institution, préserver le cadre républicain du débat parlementaire et refuser la banalisation de pratiques qui la dévalorisent", poursuit le communiqué.
"Au lieu d’être un moment de contrôle républicain, les Questions d’actualité ont été détournées de leur finalité. Le Premier ministre intervient selon une logique d’opportunité politique, sans considération pour le calendrier du Parlement ni pour la solennité de l’exercice. Ses prises de parole, marquées par des attaques et des insinuations, transforment l’hémicycle en scène de confrontation partisane plutôt qu’en un espace de réponses utiles aux préoccupations des Sénégalaises et des Sénégalais", souligne le texte, indiquant que "l’opposition parlementaire refuse de cautionner cette dérive". Et d'explique: "En effet, le Parlement est le cœur de la représentation nationale. Il ne saurait devenir un théâtre de mise en scène politique, encore moins le lieu où le chef du Gouvernement vient régler des difficultés internes à son propre camp. À l’heure où le pays attend clarté, sérieux et stabilité, l’institution parlementaire doit être préservée de toute instrumentalisation." D'ailleurs, estiment les députés de l'opposition, "à quelques heures de l’ouverture de la session budgétaire, aucune actualité n’est plus cruciale que le vote du budget de l’État, moment déterminant pour aborder des questions aussi essentielles que l’éducation, la santé, la sécurité, l’emploi et le pouvoir d’achat. Le Parlement doit concentrer ses efforts sur cet enjeu majeur, et non sur une séance détournée de son objet pour servir des calculs politiques".
En outre, l’opposition parlementaire dit rejeter "fermement le dispositif prévu dans le code de conduite imposé". Et d'énumérer : "Une limitation arbitraire à seulement 13 questions pour plus de 25 ministères, une répartition manifestement déséquilibrée du temps de parole entre les groupes, un mécanisme permettant au groupe Pastef d’enchaîner trois questions et de recevoir les réponses du Premier ministre avant toute intervention des députés de l’opposition, introduisant un déséquilibre qui rapproche dangereusement l’exercice d’un format orienté vers sa communication plutôt que d’un véritable débat parlementaire."
"La non-participation à cette séance est également motivée par trois raisons fondamentales", renseigne le communiqué. Qui cite : "La première est qu’il apparaît clairement que c’est le Premier ministre qui a décidé, selon son bon vouloir et son propre agenda politique, de faire convoquer les députés. La deuxième raison tient à la volonté manifeste du Premier ministre de transformer l’hémicycle en tribune de meeting politique, vidant ainsi de tout sérieux et de toute crédibilité un exercice de haute portée républicaine. La troisième raison est que l’unique urgence, en ce moment, est de répondre aux difficultés et aux souffrances que vivent les populations du Sénégal, ce que l’opposition parlementaire entend rappeler avec force tout au long du débat budgétaire qui s’ouvrira dès le lendemain, samedi 29 novembre."





