NETTALI.COM - Une pirogue partie de Gambie avec plus de 130 migrants a chaviré mercredi au large de la Mauritanie. Seules 17 personnes ont pu être secourues par les gardes-côtes. Parmi les corps rejetés par la mer, de nombreux Sénégalais.
Le rêve d’atteindre l’Europe s’est une nouvelle fois transformé en tragédie. Au large de la Mauritanie, une embarcation de fortune a sombré avec à son bord plus de cent migrants. Les survivants se comptent à peine sur les doigts des deux mains, tandis que des dizaines de familles sont aujourd’hui sans nouvelles de leurs proches.
Selon les informations confirmées par l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et rapportées par InfoMigrants, seules 17 personnes, toutes de sexe masculin, ont été secourues mercredi par les gardes-côtes mauritaniens. La pirogue, partie de la Gambie, transportait plus de 130 migrants sénégalais et gambiens. Le dernier bilan fait état d’au moins 40 morts et près de 80 disparus.
Des images filmées par des ressortissants sénégalais en Mauritanie montrent une dizaine de corps rejetés par les vagues, gisant sur une plage. Parmi les dépouilles, des papiers d’identité appartenant à un Sénégalais originaire de Touba ont été retrouvés.
Une route meurtrière
Depuis une dizaine d’années, la traversée de l’Atlantique depuis les côtes ouest-africaines vers les Canaries est devenue l’un des principaux couloirs migratoires vers l’Europe. Mais c’est aussi l’un des plus dangereux. Les pirogues utilisées, fragiles et surchargées, mettent plusieurs jours pour parcourir les 1500 kilomètres qui séparent les côtes africaines des Canaries. Survivants et ONG décrivent des conditions inhumaines, où faim, soif et défaillances techniques transforment chaque traversée en épreuve de survie.
Malgré la baisse récente des arrivées, la route continue d’endeuiller. Entre janvier et mai 2025, l’ONG Caminando Fronteras a recensé 1482 décès. En 2024, plus de 10400 migrants avaient trouvé la mort ou disparu en mer en tentant de rejoindre l’Espagne. Ces chiffres pourraient être bien en deçà de la réalité, nombre d’embarcations ne laissant jamais de trace.
Des drames récurrents
Ce naufrage n’est malheureusement pas un cas isolé. En mars 2025, au moins 70 migrants avaient péri après le chavirement d’une pirogue partie de Mauritanie. Deux mois plus tôt, en janvier, une autre embarcation avait fait 50 victimes au large de l’Atlantique. À chaque fois, les causes sont les mêmes : pauvreté, chômage, manque de perspectives qui poussent de nombreux jeunes Sénégalais, Gambiens et Mauritaniens à risquer leur vie dans l’espoir d’un avenir meilleur en Europe.
MAURITANIE - Le naufrage d'une pirogue fait 40 morts dont des Sénégalais
