NETTALI.COM – Nation la plus titrée avec 11 trophées continentaux, difficile de comprendre pourquoi le Sénégal ne s’était fixé comme objectif que le podium. Les Lionnes termineront à la 4ème place de l’Afrobasket. Non seulement elles n’ont pas atteint leur objectif, mais elles sont en plus rentrées bredouilles. Une contre-performance inédite pour le Sénégal, depuis sa participation à la première édition de l’Afrobasket féminin en 1966, en Guinée Conakry.

11 médailles d’or, 8 en argent et 3 en bronze, telle est la moisson de l’équipe nationale féminine du Sénégal de l’Afrobasket. Soient 22 podiums en 24 participations (le Sénégal était absent à l’Afrobasket 86).

L’aveu d’échec de Tapha Gaye 

La 4ème place du Sénégal dans cette 25ème édition de l’Afrobasket féminin, est un échec. C’est sûr et c’est même le constat du sélectionneur national et directeur technique national, Moustapha Gaye juste après la fin de la petite finale perdue face au Cameroun. ” C’est un match qu’on pouvait gagner. On a eu des occasions pour tuer le match, mais on ne l’a pas fait. Le Cameroun a pris confiance au fil des minutes et c’est devenu compliqué parce qu’on a une équipe inexpérimentée. Elles ne savaient plus comment trouver la solution“, a analysé Moustapha Gaye.

Cité parmi les favoris, le Sénégal a finalement terminé au pied du podium. Un résultat qui maintient les Lionnes loin de leur objectif. ” Tant qu’on n’a pas atteint les objectifs, c’est un échec. On a terminé quatrième, donc c’est un échec“, reconnaît le chaud-bouillant technicien.

Un cumul de fonctions inexplicable !

Certes, le coach Tapha Gaye est un bon technicien du basket. Mais à la vérité, il a fait son temps. Un nouveau sélectionneur pourrait aurait pu amener du sang neuf, alors qu’il cumulait le poste de Directeur technique national et celui de sélectionneur. Un cumul que rien ne justifie de toute façon. Comble de l’ironie, à l’heure du bilan, est-ce Moustapha Gaye, DTN qui va évaluer la prestation de Moustapha Gaye, coach ? Une bonne question qui laisse songeur quant à ce cumul incompréhensible.

Tapha Gaye, un tempérament de feu sans grand intérêt !

Deux fois champion d’Afrique (2009 et 2015), force est de reconnaître que son tempérament de feu n’a cette fois ci pas été d’un grand apport aux filles. Bien au contraire, il aura mis beaucoup trop de pressions inutiles sur ses joueuses. La preuve, les moins fortes sur le plan mental, étaient tout le temps crispées.

Certes l’équipe nationale du Sénégal est rajeunie, comparée à celles de 2019 et 2017, tout en étant en pleine reconstruction, la vérité est qu’elle avait les armes pour rivaliser avec le Nigéria qui l’a battue pour la 5ème fois d’affilée (2003, 2005, 2017,2019 et 2021). Mais au finish, elle n’a fait que multiplier les lacunes et les errements.

Le mental qui fait défaut !

Pourquoi, au moment où l’on pense que le Sénégal va gagner, il perd toujours ? Surtout en quart, demi-finale et finale ? Il semblerait en effet bien que le mental fort fasse défaut dans le sport de haut niveau pour le Sénégal, et dans toutes les disciplines, malgré la performance physique souvent au rendez-vous.

C’est ce constat de déficit de mental qui doit sans doute inciter nos dirigeants à faire le focus sur cet aspect. Le sportif professionnel a en effet besoin de s’armer au plan psychologique et sportif. Lors des trois dernières compétitions majeures auxquelles, le Sénégal avait pris part (coupe du monde de Beach soccer, l’Afrobasket masculin et celui féminin), le Sénégal avait une bonne équipe et la clé du sésame entre ses main. Mais l’esprit de fighting et la détermination, ainsi que la forte volonté de gagner et surtout la concentration, n’étaient pas du tout au rendez vous.

De plus, la concentration semble être l’autre élément qui manque. Se réjouir n’est certes pas un acte interdit à un compétiteur, mais à regarder les vidéos postées par les joueuses, l’on se demandait si nos Lionnes n’avaient pas chanté un peu trop vite, victoire. Tout porterait en effet à croire que cette équipe manquait de concentration.

Affaire Anne Françoise Diouf, une cacophonie inutile

Même la principale concernée a été sportive jusqu’au bout en acceptant la décision du sélectionneur et se disant prête à rejoindre l’équipe nationale en cas de nouvelle convocation. La polémique qui s’en est suivie, a un peu écorné l’image de la Tanière. Moustapha Gaye, n’avait-il pas tout le temps nécessaire pour confectionner sa liste ? Ses arguments fondés sur un problème d’équilibre dans l’équipe pour motiver sa décision de remplacer Anne Françoise Diouf, 24 heures après la publication par Maïmouna Diarra, sont en effet bien trop légers et relève d’un amateurisme certain. Ils sont même la preuve d’un manque criard de professionnalisme au sein de la fédération sénégalaise de basket-ball.

Bref un cocktail de couacs, d’errements et d’approximations qui ont fini par sceller le sort du Sénégal. Un fiasco au finish qu’on aurait peut-être pu éviter.