CONTRIBUTION – Chaque nation a des moments où ceux qui par expérience, savent et ont à l’esprit la réalité des choses, ceux-là, animés par l’intérêt général, ont naturellement le devoir de prendre leurs responsabilités pour éclairer les autres, ancrés dans des positions partisanes, ceux, épris de coléres justifiées ou non et qui tentent d’anéantir les efforts des compatriotes qui ont construit le pays au péril de leur vie.

Devant la situation actuelle que nous vivons, au moment où des individus sont confrontés à des difficultés, certains deviennent acariâtres, mettent des phares à la place de leurs yeux, se cantonnent dans les injures et la vindicte avec un manque de respect et d’égards envers leurs concitoyens, voire les institutions nationales, veulent taire le débat politique dont le risque est de fragiliser notre jeune démocratie. Alors garder le mutisme serait une marque de lâcheté et de complicité. Nous devons discuter et échanger sur les évènements qui ponctuent la vie des sénégalais. Soulever les obstacles et trouver les solutions idoines. Le débat sur les questions qui fondent la vie de la nation sont nécessaires, indispensables et le devoir d’obligation face aux institutions de la République doit être un acte de citoyenneté car hormis les droits, les devoirs existent.
Il est incompréhensible et illégitime d’accepter que des compatriotes puissent interdire toute expression libre. Dire qu’il revient au CONSEIL CONSTITUTIONNEL, seul habilité de la VALIDATION DES CANDIDATURES ne devrait être source de polémique, tout simplement parce que sous prétexte, certains penseraient que cette affirmation serait synonyme de la validation d’un troisième mandat ou dun 2ème quinquennat, c’est selon.
Dans quel pays, sommes-nous ?
Interdire d’émettre un point de vue et une conviction n’a aucun impact dans le dialogue. Il serait préférable de veiller à la sauvegarde de l’intérêt général, d’aboutir à la conquête du pouvoir dans la légalité et par les processus réguliers et cela doit définitivement, être la règle pour tous.
Sans doute, certains de nos concitoyens et même, des acteurs politiques n’ont plus confiance en nos institutions, émettent des réserves pour la transparence des urnes, ainsi de manière irréfléchie, s’octroient des droits non conférés par la Constitution et par conséquent, ils voudraient prendre le pouvoir par la rue, par l’intention de manifestation d’insurrections et des levées de masse. Il est donc permis à ceux qui aiment ce pays, conscients des dangers qui guettent la nation, conscients des conséquences de ces coups de force, de prendre la parole.
Cette inquiétude viendrait notamment de la probable influence du contexte de la sous-région en ébullition sans parler des futurs barils de pétrole qui sortiront en 2022 avec le mythe de la malédiction qui les accompagneraient.
Nous devons avoir une lecture objective de toutes les circonstances et tirer des leçons des autres.
L’urgence est de mettre des garde-fous afin de barrer la route à n’importe quel projet malsain et faire comprendre qu’un acte patriotique, c’est aussi du courage et de l’engagement. Un bon nombre de nos compatriotes craignent les éventuels agissements de cette minorité qui a fait l’option de cette alternative illégale et inconcevable, antidémocratique. Prendre le pouvoir par la rue tout en oubliant que le peuple sénégalais a su mettre en place des alternances démocratiques au-delà de tous les divertissements des acteurs politiques. Une maturité qui le place en avance sur les politiciens et la nouvelle race d’hommes qui lance son venin sur ceux qui ont la vaillance et l’ambition de faire preuve d’équité et de rigueur, d’énoncer le droit et de réclamer le respect des institutions de la République.
Les citoyens conscients de la situation qui prévaut et qui se gardent d’exprimer leurs opinions en refusant de participer au débat, n’iraient, soyez-en sûrs, au front si le Sénégal etait en guerre. Il ne faudrait détruire l’exception sénégalaise aux fins d’intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général.
En ce qui me concerne, sans aucune exception, j’émets la détermination de me dresser devant toute personne susceptible de démolir les acquis démocratiques, de quel bord qu’il soit. Il est même ahurissant, de voir certaines personnes en venir à espérer un coup d’état dans ce pays. Nous sommes un peuple éduqué dans une marche de longue haleine vers la démocratie et disposons de leaders porteurs d’une alternative crédible, un Sénégal qui a su régler les difficultés et les contradictions sans le concours des baïonnettes. Le peuple sénégalais est fatigué du jeu puéril de certains hommes politiques qui ne cherchent qu’à se servir, de voir les insolences des uns et des autres, voir également, des amateurs dans la plus grande inexpérience, occuper l’espace. Voilà pourquoi, déçu, le peuple refuse de reprendre les mots d’ordre par manque de convenance et préfère rester cloitré, en retrait.
C’est ce que j’appelle le manque d’alternative et c’est un danger pour le pays car leur immaturité politique est sans appel avec une absence du minimum de raison pour se rendre à l’évidence et cesser ces jeux pour trouver la crédibilité de leurs idéologies.
Prenons nos plumes, osons le débat sans nous battre et demeurons dans la réflexion lorsque toute idée est essentielle et salutaire.
Je m’engage encore et encore et je l’assume.

Ministre Thierno lo President APD et Coalition Adian