CONTRIBUTION – Le projet de reconstruction du marché historique de Sandaga sous l’égide de la mairie du plateau,  est né d’une volonté politique exprimée de l’institution à la suite de doléances  des populations et des commerçants. Le marché Sandaga fait partie du décor du plateau et de l’âme de la cité,  au point que  sa reconstruction constitue une demande sociale et rentre dans la perspective de conservation du patrimoine historique commun et de la mémoire collective.

La reconstruction évitera la chute d’un mythe avec le maintien du corps architectural ancestral qui fonde notre commun vouloir de vie commune. En effet, Le marché Sandaga est construit en 1935 d’une architecture qui rappelle le style arabo-soudanais de Tombouctou avec ses arabesques et ses dessins géométriques. Sandaga demeure ainsi un patrimoine historique à conserver au même titre que la maison des esclaves de Gorée, la chambre de commerce et d’industrie de Dakar, le palais de la République ou le ministère des affaires étrangères.
La mairie du plateau, devenue commune de plein exercice avec l’acte 3 de la décentralisation,  hérite du marché Sandaga qui entre dans son domaine exclusif de compétence. Le conseil municipal a remis choses à l’endroit en prenant la décision souveraine de reconstruire le marché financé à hauteur de sept milliards de FCFA sur fonds propres. Aujourd’hui, le projet de reconstruction est dans la phase de réalisation avec le lancement des travaux dans un proche avenir  à la suite de l’obtention de toutes les autorisations.
Avant l’entrée en vigueur de l’acte 3 sur la décentralisation en 2014 matérialisant la dévolution des marchés aux nouvelles communes de plein exercice ,la ville de Dakar n’a jamais présenté un projet de reconstruction du marché Sandaga  , si ce n’était une volonté de délocalisation de l’édifice  à des fins rentières, tuant du coup le monument historique  pour l’ engloutir dans les profondeurs de l’oubli. Quelle  funeste destination d’un bien public à l’antipode de la volonté  des populations de conservation  des symboles de notre histoire,  de notre culture et d’un cadre de vie adéquat ! L’attitude qui consiste à insinuer des droits réels fictifs pour effacer de la mémoire collective un pan de notre patrimoine commun  à  l’instar de la destruction des mausolées de Tombouctou et de la cité des 33 saints, est la parfaite illustration de la déraison consécutive à une dérive  politicienne.
 Car, comment pourrait-on admettre la tentative de blocage instruite par la  ville de Dakar de la procédure de passation de marché pour la reconstruction du marché Sandaga ?  Cette requête tardive en annulation  dudit  marché adjugé, est non seulement une incongruité du fait de son caractère asocial, mais, elle est dénuée de toute crédibilité à partir du moment où les droits de propriété que soulève la ville de Dakar sur le marché Sandaga, sont nuls et de nuls effet, dès lors que l’acte 3 de la décentralisation avait consacré la dévolution du patrimoine du marché Sandaga  à la commune du plateau. Au surplus, la fin de non-recevoir de la requête en annulation de la procédure d’annulation exprimée par l’ARMP, constitue  en elle-même, un désaveu cinglant des autorités de la ville de Dakar.
Kadialy Gassama
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Rufisqu