NETTALI.COM – L’hypertension artérielle (HTA) est une affection cardio-vasculaire qui se caractérise par une élévation de la pression artérielle. Au Sénégal, le cas de la ville de Touba, où 45 % de la population adulte souffre de cette pathologie, inquiète. Suffisant pour que la journée mondiale dédiée à cette maladie soit organisée dans cette cité religieuse, afin de sensibiliser davantage les populations sur les risques liés à cette maladie dont pourraient souffrir 2millions de Sénégalais.

L’ hypertension artérielle est une maladie très fréquente qu’on peut considérer comme l’affection la plus répandue au Sénégal. Ainsi parlait le professeur Abdoul Kane, cardiologue et président de la Société sénégalaise de cardiologie. La blouse blanche s’exprimait lors de la journée mondiale dédiée à cette maladie organisée dans la cité religieuse de Touba.

Le professeur Abdoul Kane, dans les colonnes du journal Enquête, explique le choix de Touba par le fait que, “d’abord, cette ville est un vrai carrefour qui compte plus d’un million d’habitants, mais il y a des raisons purement sanitaires, parce que Touba a une très forte prévalence, selon les équipes qui ont mené des études. On considère que plus de 45 % de la population adulte de Touba a l’hypertension artérielle, mais on considère que ces hypertendus sont souvent sévères et dépistés de manière tardive et sont des cas souvent compliqués’’.

Mais ce n’est pas que cela. “Ce choix s’explique également par le fait qu’aujourd’hui, on décentralise la prise en charge et on a pensé à la deuxième ville la plus peuplée au Sénégal. En effet, avoir une bonne prise en charge à Touba sera un bel exemple et pouvoir assurer une bonne prise en charge dans les autres localités. Il faut diminuer la consommation de sel, parce qu’à Touba, cela semble jouer un rôle important dans l’hypertension artérielle. Il faut se faire dépister. Toute personne de 25 ou 30 ans doit connaître son statut tensionnel’’. Cette journée a permis de savoir que selon les dernières données dont dispose la Société sénégalaise de cardiologie, un adulte sur trois au Sénégal souffre de cette pathologie. Cette maladie est grave, puisqu’elle constitue une des causes principales, sinon la principale cause de plusieurs affections. C’est le cas des accidents vasculaires cérébraux (AVC), de la maladie rénale, de l’insuffisance cardiaque, de la crise cardiaque qui ont tous comme dénominateur commun HTA.

Mais c’est aussi une maladie qui est, d’après le Pr. Kane, “sous-dépistée dans notre pays, et le peu de patients dépistés ne sont pas traités et moins d’un patient sur dix est à peine contrôlé. Nous avons encore des centaines de milliers de Sénégalais qui sont hyper-tendus et qui ne le savent pas forcément ou qui ne sont pas simplement contrôlés. Aujourd’hui, il faut des efforts conséquents pour mieux prendre en charge cette affection’’.

Revenant sur le thème de cette année, le professeur Abdoul Kane indique qu’il “pose la question centrale qui est celle de la reconnaissance de la maladie. Venir mesurer sa tension artérielle, la faire de la manière la plus fiable avec précision, à l’air d’être un thème assez simple. Mais, en vérité, c’est ça la porte d’entrée, puisqu’on peut considérer aujourd’hui qu’il y a environ 2 millions de Sénégalais qui peuvent être hypertendus. Ne pas bien prendre en charge la mesure de la pression artérielle peut entraîner les erreurs par excès ou par défaut. Imaginer des erreurs par excès, vous allez traiter des centaines de milliers qui ne sont pas hypertendus, en leur donnant des médicaments avec toutes les répercussions sanitaires et socioéconomiques’’.