CONTRINBUTION – Si la question se pose c’est parce que le Président ne porte pas de gants, il est souvent direct, spontané  et a des formules qui grattent les oreilles de ses contempteurs ce  qui n’ en est pas moins un élément important de l’arsenal de communication. Contrairement à certains qui tentent d’accréditer le contraire, le Président Sall est un fin stratège en communication politique, celle qui aboutit au printemps de l’action politique : Réduction de son opposition à sa plus stricte expression, ses scores aux différentes Elections, ses diverses Réalisations Economiques et sociales.  

L’art de la communication est au coeur de tout leadership et le Président Sall, qu’on l’aime ou pas, a un leadership incontesté en Afrique et dans le Monde (Durée de vie de Bennoo Bookh Yaakhaar, Représentant permanent Afrique au G8, Co-présidence Chine/Afrique, Coopération multilatérale diversifiée, Respect par ses pairs), il est par conséquent un bon communicant/communicateur. Mieux au plan des relations bilatérales et internationales, sur toutes les questions très sensibles, durant tout son magister, le propos ne souffre d’aucune ambigüité ou de maladresse, celui- est toujours diplomatiquement habillé.

SI au plan national une certaine frange, y compris des journalistes, mais surtout des opposants supputent encore sur sa communication, c’est parce très souvent ceux-ci oublient la finalité de la communication qui ne saurait se mesurer, s’évaluer en dehors du binôme communicateur/cible ou Emetteur/réceptacle et surtout en dehors l’impact. Dans ce cadre, toutes les communications du Président, fussent elles les plus controversées et ne serait-ce que sous ce rapport, ont eu les effets  recherchés en terme d’impact communicationnel et de postures conséquentes rapportées au message véhiculé.

Quid des  promesses, des piques aux Adversaires, des remontrances, des slogans, des menaces, des vérités crues, sans compter les traits d’humeur ? Pourtant  au prés  de la majorité des Sénégalais avec qui il partage un certain nombre de codes d’authenticité culturelle Sénégalaise, faite de Foi, de générosité dans l’offre de soi, de l’avoir et de l’effort,  de tolérance, de franchise, de fermeté au besoin  mais aussi de plaisanteries, sa côte n’a jamais baissé. Il ne joue pas en dehors du clavier de certaines caractéristiques de la société Sénégalaise. Ce sont là des marqueurs parmi tant d’autres à partir desquels tout initié en communication politique, doit bâtir une communication politique productive, celle de la manipulation réussie. Ne mélangeons donc  pas les genres, la communication politique, n’est pas celle du journaliste.

La difficulté n’est donc pas essentiellement dans l’art de communiquer du Président,  celui-ci  fait de la communication Politique et n’est ni déraciné, ni acculturé,  abreuvé qu’il est à une seule Culture, la culture Sénégalaise (né a prés les indépendances et éduqué dans un terroir  carrefour des migrations, cosmopolite mais aussi d’enracinements). L’incompréhension réside   plutôt  chez ceux qui prétendent naïvement être destinataires du message alors qu’ils ne le sont pas fondamentalement, chez  ceux qui prétendent détenir le monopole de l’art, du Médium de communication, des canaux et des codes (la culture et le style de langue),  oubliant que c’est un art diffus,  que  les outils et méthodes foisonnent en fonction des circonstances,  du  cadre et des  cibles.

Alors  si l’on était tenté de reprendre tous les aspects de communication, objet de controverse, replacés dans leur contexte,  et analysés sous l’angle de la communication politique, le cadre ne permet pas malheureusement de les passer tous en revue, l’on se serait vite rendu compte de leur pertinence et de leur opportunité mais surtout de la productivité socio-politique. Je voudrais évoquer au moins  quelques aspects récents  dont le troisième ou deuxième mandat,  l’opportunité ou non d’évoquer les évènements du 08 Mars devant la représentation nationale de la jeunesse,  la question du vaccin, les dossiers sous coude, l’usage de l’Autoroute à péage. Sur toutes ces questions le Président Sall a politiquement bien communiqué, avec la manière, en direction des consommateurs de ses idées, de sa philosophie politique  tout en sachant qu’il est dans un marché ouvert (Démocratie oblige).

—sur la question prématurée du troisième mandat la réponse « ni Oui, ni Non » ou « Dou ma ci yeey yaabbi » reste la plus correcte politiquement pour un climat de travail, de paix, de stabilité intérieure et extérieure au regard de la géopolitique (la situation au Niger en est une illustration). Le parti au Pouvoir sans chef serait une armée Mexiquaine incontrôlable. Mais parbleu ! Qu’apporterait- il de plus, un tel déterminisme à un opposant sérieux, aguerri et conscient que seuls le travail de Terrain, la proximité avec les masses, payent et peu importe le futur adversaire car on en aura toujours.  C’est pourquoi il y a de quoi douter de l’engagement patriotique, de la maturité politique et de l’expertise de ceux-là qu’une éventuelle candidature du Président Sall, empêcherait de dormir. Il faut arrêter de tricher avec les populations  en sirotant dans les Cafés ou en ergotant sur les plateformes en  attendant  la fixation des échéances pour ensuite courir à la chasse de voix, cela ne paye pas  et il reste facile d’incriminer un fichier ou de crier à la mascarade.

—-concernant les dossiers sous le coude, il en existe dans tous les pays du Monde sous le couvert de Raison d’Etat, le Sénat d’un pays chantre de la Démocratie,  de la liberté et des « Droits humains »  a récemment mis le coude sur le dossier d’une haute personnalité dont la flagrance des  délits,  est acceptée à travers le Monde. Les cas sénégalais sont connus et certains sont humainement compréhensibles et conformes à notre éthique. Et sur cette question l’opposition n’est pas cohérente moins encore conséquente,  quand elle crie au  scandale sur le non aboutissement de certains dossiers au même moment où elle réclame à tue-tête, la grâce et l’Amnistie, l’éteignoir pour les dossiers juridiquement vidés. Le Président Sall comme son mentor connaît bien son Sénégal et la nature versatile du Sénégalais et il sait qu’il n’est pas politiquement correct d’entreprendre une quelconque opération avant de s’assurer de la légitimité sociale, de la garantie de l’existence de la base sociale requise, cest le B A  ba de l’action politique et de l’Ordre Public.

—-Sur la rencontre post évènements avec la jeunesse, comment peut-on imaginer un seul instant qu’un Président de la République qui convoque la jeunesse de son pays sur le motif de partager des solutions aux causes de ce qui s’est passé le 08 Mars qui est d’une extrême gravité et  où une partie de cette jeunesse a accepté de servir de bouc émissaire, qu’il fasse profil bas, bouche cousue au nom de quelle accalmie avec qui d’autre que ceux qu’il avait en face de lui ? Non la trouille qui commence à habiter bon nombre d’entre nous avec cette terreur virtuelle distillée par d’habiles orfèvres, doit laisser la place au courage patriotique, au sacrifice pour le retour aux fondamentaux, sans lesquels tout compromis, n’est que jeu de dupes. L e cadre était donc idéal pour dire la vérité à cette jeunesse, proie facile de tous les démons mais surtout leur faire comprendre que l’Etat est bien là, debout et qu’il ya des comportements qui ne sauraient  prospérer dans une République.

—-Sur le vaccin hors mis le trait d’humeur qu’il faut savoir gérer, la réaction est tout de même compréhensible, quand on sait les acrobaties liées à l’accès aux vaccins et la volatilité des arguments qu’on y oppose. C’est une transposition de scénario familial, répandu chez nous entre père et enfant capricieux, exigeant avec le patère qui fait tout pour lui donner satisfaction mais celui-ci  boude aussi tôt que le cadeau lui est présenté,  ne laissant au père désespéré qu’une option étriquée ou la fessée ou la menace de redonner le cadeau à un autre, pour faire passer la pilule. La menace semble avoir porté au regard des performances dans l’opération comparées au reste des pays Africains..

—-S’agissant de l’usage de l’autoroute, c’est une vérité de la palissade que de souligner qu’à l’Etape actuelle de développement elle joue encore une fonction spéciale et l’on doit se garder de lui créer les conditions de tuer les axes traditionnels et les activités économiques connexes, il faut tirer les leçons de l’expérience malheureuse du Rail. Pour un Développement équilibré et harmonieux du territoire national chacun des vecteurs, Autoroute, route, chemin de fer, doit remplir sa fonction, c’est un propos de sagesse.

Walmaakh Ndiaye,

Observateur politique.