NETTALI.COM – Faire de l’Aéroport international Blaise Diagne le premier hub de la sous-région d’ici 2025. C’est le défi que s’est lancé Doudou Kâ, le nouveau Directeur général de l’AIBD. Il a annoncé à l’émission Jury du dimanche un plan stratégique qui va être déroulé dès la semaine prochaine.

J’arrive à un moment où l’aéroport est fortement impacté par la crise sanitaire de la Covid-19 et il fallait tout de suite se focaliser sur les nouveaux défis à relever pour atteindre l’ambition du Plan Sénégal Emergent pour faire de cet aéroport le premier hub de la sous-région“, a déclaré Doudou Kâ, le directeur général de l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD). A ce contexte s’ajoute le fait que nous sommes aujourd’hui concurrencés par Accra, Abidjan et Casablanca qui ont, tous les trois, l’ambition que leur aéroport soit le premier hub de la sous-région. Donc, dit-il, ” il fallait, dès mon arrivée, mettre en place le plan stratégique pour faire face à cette concurrence afin d’atteindre cet objectif“.

A l’en croire, ce plan sera mis en œuvre dès la semaine prochaine et il est bâti autour de quatre piliers de 12 objectifs et de 21 projets phares. ” Concernant les piliers, il y a la génération de trafic parce que on ne peut pas devenir hub aérien sans un trafic important. Par rapport à ce trafic, il y a un certain nombre d’objectifs. Il n’y a pas de hub aérien sans une compagnie aérienne nationale forte. Donc  notre stratégie, c’est d’accompagner Air Sénégal à devenir une compagnie forte et de mettre les conditions d’aménagement pour que dans cette compétition, de devenir un hub, c’est-à-dire d’avoir beaucoup plus de passagers en transit, de mettre en place tous services aéronautiques“, s’engage le Dg.

En fait, selon ses explications, le Sénégal est déjà un hub aérien puisqu’il présente dans son trafic 7% de transport transit. “C’est encore faible puisque les hubs des autres aéroports c’est 30%. Donc on a encore du chemin à faire. Nous sommes aujourd’hui dans les mêmes proportions, Abidjan c’est 5%, Accra c’est 6%. Donc nous présentons des avantages en terme de coûts de transferts au Sénégal plus compétitifs que les autres pays“, théorise Doudou Kâ.

S’agissant d’Air Sénégal, le Dg de l’AIBD a rappelé que la compagnie aérienne nationale détient 49% des actions de 2AS. ” C’est un modèle qui a fini de prouver sa robustesse et qui demande à être amélioré, notamment la révision du contrat de concession entre AIBD et l’AS pour redéfinir le modèle économique d’intervention des sociétés sénégalaises puisque les sociétés sénégalaises se plaignent du modèle économique“, indique M. Kâ qui dit avoir trouvé des solutions pour apporter un modèle économique qui permet à tous les acteurs de faire du gagnant-gagnant à tous les aéroports. Car, constate-t-il, ces sociétés de l’aéroport n’ont pas bénéficié d’appuis de l’AS ou de l’Etat”. Donc, poursuit-il, “il fallait serrer la ceinture pour préparer la relance“. Une relance qui à son avis, doit se faire avec des sociétés étrangères aussi. ” On ne peut pas stigmatiser la France, les Turcs, alors que parmi ces sociétés certaines sont détenues par des Sénégalais. On ne peut pas dire à l’Etat de mettre en place des politiques d’amélioration de l’environnement des affaires et parallèlement, on stigmatise nos amis étrangers qui font des investissements directs au Sénégal. Il faut un peu équilibrer les choses. On est dans une crise économique et l’Etat continue d’accompagner le secteur aérien pour atteindre ses objectifs” avance le patron de l’AIBD.

Par ailleurs, Doudou Kâ a fait savoir que l’AIBD n’a jamais été fermé de même que l’espace aérien. “Pendant la période de la Pandémie l’AIBD a reçu l’accréditation d’un des meilleurs aéroports des plus sûrs au niveau africain. Moins de 55  % de trafic passager et moins 15% de trafic fret. Ce qui a entrainé des mesures d’organisation et je pense qu’avec la levée de la catastrophe de l’état d’urgence sanitaire, l’AIBD sera en 2025, le premier hub aérien de la sous-région“.