NETTALI.COM – Deux ans de prison ferme, c’est la peine qu’encourt Ndiassé Diouf, attrait à la barre du tribunal correctionnel de Dakar pour les faits de détournement portant sur plus d’un milliard de francs CFA. Ce dernier, en détention depuis 8 mois, sera fixé sur son sort le 24 mars prochain.

Comptable de son état, Ndiassé Diouf a comparu à la barre du tribunal correctionnel de Dakar pour abus de blanc-seing, abus de confiance, faux et usage de faux en écriture de banque et en écriture privée et blanchiment de capitaux. Le montant du préjudice s’élève à 1 milliard 300 millions de francs CFA. En effet, tout est parti de la plainte déposée par Serigne Mbacké Guèye, contre son gestionnaire, administratif et financier, Ndiassè Diouf, recruté dans la société en août 2017. Il était chargé d’assurer la gestion et la comptabilité de l’entreprise en toute formalité. La partie civile a constaté que ses chiffres d’affaires ont baissé. Il a diligenté un audit.

Selon le plaignant, Ndiassé était incapable de produire son livre comptable, pire il a constaté un mouvement de chèque clients portant sur 406 507 294 millions FCFA et d’autres mouvements ont été constatés dans le compte de la société durant les années 2017, 2018, 2019. Le rapport factuel de contrôle des comptes fait le 30 juin 2020 a relevé des opérations relatives à des retraits d’un montant global de 1,3 milliards FCFA.
A la barre de la chambre Correctionnelle du tribunal de Grande instance de Dakar, la partie civile Serigne Mbacké Guèye ajoute que son employé entretenait une relation douteuse avec son épouse Mariama Diouldé Diallo. Dans ses déclarations, il révèle qu’il a coincé celle-ci en train de parler avec Ndiassé sur les affaires de la société. Le requérant Serigne Mbacké Guèye a précisé par ailleurs qu’il a signé plus de 200 chèques en blanc au prévenu qui se chargeait de les retirer « Depuis son arrivée à l’entreprise, c’est lui qui détenait mes carnets de chèques. C’est après son arrestation que j’ai récupéré mes carnets de chèques. Mon épouse est l’instigatrice des agissements de Ndiassé. Elle a tout fait pour amadouer Abou Sow, celui-ci a refusé. Mais Ndiassé est tombé dans son piège », s’est-il désolé à la barre.

Le comparant conteste les faits et accuse la partie civile de confondre les charges de la société et ses charges personnelles. Pour se dédouaner, le prévenu qui a fait 8 mois de détention renseigne qu’il n’était pas signataire de chèques durant tout le temps qu’il a travaillé dans la société. Il a par ailleurs avoué qu’il ne détenait pas un livre comptable. Pis il fulmine qu’il n’est pas en mesure de justifier les retraits d’argents qu’il effectuait à la banque. Pour sa défense, il dit au tribunal que son employeur confondait ses dépenses personnelles et celles de la société.

Entendue à titre de témoin, l’épouse de la partie civile Mariama Diouldé Diallo jure n’avoir aucune relation avec le prévenu. « Je ne me suis jamais prononcée avec Ndiassé sur les affaires de mon mari. Je ne lui ai jamais demandé de m’offrir une puce de 1000 francs CFA. Lors de mes discussions avec Ndiassé je n’ai jamais parlé du marabout dont il fait allusion. Je n’ai jamais discuté avec Ndiassé via Whatsapp. Ndiassé n’est jamais venue dans la maison où j’habite actuellement », renseigne-t-elle.

Pour la réparation du préjudice causé à leur client, l’avocat a réclamé la somme de 2 milliards de francs Cfa pour le compte de son client.

Le parquet a requis la relaxe du prévenu du chef de blanchiment de capitaux et a demandé qu’il soit reconnu coupable des autres chefs. Pour la peine, le maitre des poursuites a requis 2 ans d’emprisonnement ferme.

La défense sollicite la relaxe du prévenu. L’affaire est mise en délibéré jusqu’au 24 mars prochain.