NETTALI.COM – En garde à vue dans les locaux de la Section de recherches de la gendarmerie de Colobane, le leader du Pastef/Les patriotes, Ousmane Sonko, n’a pas ouvert sa bouche, lors de son audition. Les enquêteurs sont à l’écoute du procureur.

 Hier, c’est vers 14 h 45 mn que la notification de garde à vue a été signifiée à Ousmane Sonko, selon son avocat Me Khoureissi Ba, par le capitaine Ndiaye qui a personnellement procédé à son interpellation. Un peu plus tôt, il avait été arrêté sur ordre du procureur pour les faits de trouble à l’ordre public et manifestation non-autorisée, par des agents du Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). Il a été, par la suite, acheminé, sous une forte escorte, dans les locaux de la Section de recherches de la gendarmerie de Colobane, pour les besoins de l’enquête.

Selon nos informations, lors de son audition par les hommes du chef d’escadron Abdou Mbengue, le député Ousmane Sonko a adopté la stratégie du silence comme moyen de défense. Il n’a répondu à aucune des questions posées par les enquêteurs, précisent nos sources. Ces dernières soutiennent que, juridiquement parlant, rien ne peut forcer un prévenu à répondre. “Il a opté, comme stratégie de défense, le silence total devant ses avocats, lors de son audition. Il a même refusé de décliner son identité. Personne ne peut le forcer à parler. La loi ne permet à personne de le faire d’ailleurs’’, ont dit des sources généralement bien informées. Selon nos interlocuteurs, devant cet état de fait, les enquêteurs sont à l’écoute du maitre des poursuites qui va décider de la suite, le moment venu.

A propos des délits visés contre Ousmane Sonko

Selon l’article 97 du Code pénal, sont soumis à l’obligation d’une déclaration préalable tous cortèges, défilés et rassemblements de personnes et, d’une façon générale, toute manifestation sur la voie publique. Toutefois, sont dispensées de cette déclaration les sorties sur la voie publique conformes aux usages locaux. Seront punis d’un emprisonnement de six mois à un an et d’une amende de 100 000 à 500 000 F, ceux qui auront fait une déclaration incomplète ou inexacte de nature à tromper sur les conditions de la manifestation projetée ou qui, soit avant le dépôt de la déclaration prescrite à l’article 96, soit après l’interdiction, auront adressé, par un moyen quelconque, une convocation à y prendre part. Seront punis d’un emprisonnement d’un à trois ans et d’une amende de 100 000 à 500 000 F ceux qui auront participé à une manifestation non déclarée ou qui a été interdite. Seront punis d’un emprisonnement de deux ans au moins et de cinq ans au plus et d’une amende de 10 000 à 1 500 000 F ceux qui auront participé à l’organisation d’une manifestation non déclarée ou qui a été interdite.

(avec Enquête)