NETTALI.COM – La voix de Macky Sall ironise à l’endroit de Ousmane Sonko, accusé de viols et de menaces de mort par une masseuse. Selon Seydou Gueye, on ne peut pas soutenir la thèse du complot visant à liquider un adversaire politique, dès lors que c'est le leader de Pastef qui s'est rendu dans ce salon de sa propre initiative.

Invité du Jury du dimanche, Seydou Gueye, coordonnateur de la communication de la présidence et porte-parole de l’Alliance pour la République a donné son point de vue sur l’affaire Ousmane Sonko, accusé de viols et menaces de mort par la masseuse Adji Sarr.

Même s’il estime que le leader du parti Pastef les Patriotes bénéficie de la présomption d’innocence, il lui demande tout de même d’assumer ses responsabilités et d’aller répondre à la justice. « Il est allé se faire masser délicieusement par une jeune fille. Qu’il assume ses responsabilités. On ne l’a pas amené dans ce salon de force. Nous savons que c’est lui-même, Ousmane Sonko, marié à deux femmes, rigoureux sur les questions morales, se positionnant sur ces référentiels dans le champ politique jusqu’à créer une identité distinctive, qui s’est rendu volontairement dans un salon pour livrer son corps à une jeune fille de 20 ans. Ce qui s’est passé dans ce salon de message, suite aux accusations de la jeune fille, personne ne le sait », a déclaré Seydou Gueye. Selon lui, quand il y a un conflit entre deux citoyens sénégalais de portée pénale, il appartient à la justice de tirer ça au clair pour que la vérité éclate. « J’ai bien écouté Ousmane Sonko et ses soutiens, je ne comprends pas ce qu’ils reprochent à la procédure. Tout ce qu’ils disent ce sont des élucubrations politico-judiciaires pour argumenter une théorie du complot. J’ai écouté Ousmane Sonko pendant 120 minutes mais il n’a dit pas un seul mot sur l’affaire », a ajouté le coordonnateur de la communication de la Présidence de la République qui rejette la thèse du complot agitée depuis lors par le présumé.

                                                                                         « Force doit rester à la loi »

A son avis, Ousmane Sonko est libre de dire qu’il ne répondra pas à la justice mais force doit rester à la loi. « C’est sa liberté de ne pas déférer à la convocation du juge. Mais l’argument du complot est insoutenable. Aucun d’entre nous n’est mêlé à ça. Il n’y a aucun complot. L’Etat n’a rien à voir avec ça. L’Alliance pour la République et la coalition Benno Bokk Yakar encore moins. L’Etat de droit, ce sont des procédures. Il faut que force reste à la loi. Il faut que cette affaire soit tranchée par la justice, de façon impartiale, hors pression de quelque bord que ce soit », martèle-t-il. Non sans ajouter : « Je ne peux pas comprendre cette théorie qui consiste à dire, on va avoir tous les avantages de la démocratie et on refuse toute forme d’autorité à l’Etat. Cela ne peut pas marcher. Nous sommes dans un État de droit. Tous les citoyens sont soumis au droit. Il ne peut pas y avoir, dans notre pays, un citoyen sénégalais qui soit hors de portée de la loi parce qu’il a un statut différent de celui des autres. Ousmane Sonko est un justiciable comme tous les Sénégalais. Cette affaire est une affaire de mœurs. Elle n’a aucun relent de complot politique. C’est une affaire privée. Le juge peut s’appuyer sur les forces publiques pour exécuter des décisions. »

                                                                                « Cette affaire n’a aucun relent politique »

S’agissant de la décision de Ousmane Sonko récusant le juge du 8e cabinet, Seydou Gueye rappelle que le régime de la récusation est réglé par les textes. D’après lui, la justice rend des centaines de décisions par jour et, c’est à chaque fois qu’un homme politique est pris dans les filets de la justice qu’on argumente cette stratégie du complot. Seydou Gueye a également dans le même sillage battu en brèche les propos selon lesquels le procureur a mis sous les coudes les dossiers impliquant des gens du régime. Cela, selon lui, est un faux argument qui ne tient pas la route puisque, souligne-t-il : « ceux qui exercent la justice dans notre pays ne sont pas moins dignes que nous. Ils règlent les questions sur la base de dispositions légales et tranchent par une intime conviction ».