NETTALI.COM – L’Union nationale des parents d’élèves et d’étudiants du Sénégal (Unapees) dit s’opposer à l’introduction d’un module sur l’éducation à la santé sexuelle et reproductive  en milieu scolaire. L’organisation invite le gouvernement à associer et impliquer la communauté parentale, à travers leurs associations, à la conception et à la mise en œuvre des programmes scolaires.

La question relative à l’introduction d’un module sur l’éducation à la santé sexuelle et reproductive  en milieu scolaire défraie la chronique.  A la suite de l’opposition des syndicalistes, c’est aux parents d’élèves de monter au créneau. En clair, l’Union nationale des parents d’élèves et d’étudiants du Sénégal (Unapees) dit s’opposer “à toutes les réformes et initiatives qui font abstraction des valeurs culturelles et cultuelles fondamentales de notre pays’’.

Pour rappel, le module incriminé a été présenté au cours d’un atelier organisé à Saly les 21, 22 et 23 décembre 2020, par le ministère de l’Education nationale, sous l’égide de l’Unesco, disent ces parents d’élèves et d’étudiants. Son objectif était de “capitaliser les bonnes pratiques y compris les modules sur les violences de genre en milieu scolaire (VGMS)”, rappelle l’Unapees. “Il s’agira, conformément aux TDR de cette rencontre, “d’élaborer un module harmonisé de formation des enseignants et du personnel encadrant couvrant à la fois l’ESSR et les VGMS et d’en faire une référence pour renforcer le contenu et les approches pédagogiques”, ajoute-telle tout en déplorant l’absence des parents d’élèves à cette session.

Aussi, invite-t-elle “le ministère de l’Education nationale à associer et impliquer la communauté parentale, à travers leurs associations, à la conception et à l’exécution des réformes, à la définition des programmes et au choix des contenus, à l’élaboration des projets ayant pour cible les élèves. Une demande qui est motivée par la déclaration de l’Internationale de l’Education sur l’éthique professionnelle, lors de son 3e Congrès mondial, en son article 5 relatif au respect de l’autorité légitime des parents.

L’Unapees rappelle également une des recommandations fortes des Assises nationales de l’éducation et de la formation tenues du 28 au 30 août 2014. Pour une future école, il est, en effet, suggéré “la formation d’un citoyen éduqué, enraciné dans ses valeurs culturelles, collectives, spirituelles, morales, civiques et citoyennes positives de son milieu tout en restant ouvert au monde”. Ces parents considèrent, par ailleurs, que “si au niveau de l’enseignement moyen, notamment en classe de 4e, les enfants entrent en crise pubertaire et sont donc soumis à un ensemble de mutations corporelles psychiques et psychologiques qui agissent sur leur physique (apparition des caractères sexuels secondaires), leur mental, leurs attitudes et comportement, on peut concevoir leur apporter l’explication scientifique sous forme d’une approche éducative de la sexualité reproductive. Cela leur permet de comprendre et de vivre calmement ces mutations et de passer le cap sans perturbations majeures au niveau sentimental et relationnel’’.

Cependant, ajoute le texte, “au niveau de l’élémentaire, les enfants ne sont pas encore, pour l’essentiel, sous l’emprise pubertaire, ne subissent aucun ressentiment libidinal concret affirmé, rien ne justifie cette décision dont les effets peuvent être un éveil de curiosité et de désir d’expérimentation à très haut risque’’.