NETTALI.COM – Dans un communiqué signé ce mardi 21 septembre 2020, les avocats de Karim Wade ont soutenu que leur client a retrouvé son droit d’être électeur et éligible depuis le 21 août 2020. Selon ces mêmes robes noires, depuis cette date, le code électoral ne peut plus être invoqué pour faire obstacle à l’inscription de Wade-fils sur les listes électorales, et par conséquent à sa candidature à toute élection au Sénégal.

Karim Wade recouvre son droit d’être électeur et éligible. C’est du moins ce que soutiennent ses avocats. Dans un communiqué, ils invoquent l’article L32 du Code électoral qui, selon eux, limite cette interdiction d’inscription sur les listes électorale pour une durée de Cinq (5) ans. C’est pourquoi, d’après eux, la condamnation de leur client Karim Wade étant devenue définitive à partir du 20 août 2015, date de rejet de son pourvoi en cassation par la Cour Suprême contre l’arrêt de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) condamnant l’ex-ministre d’Etat pour une peine de Six (6) ans de prison ferme, rien ne s’oppose plus à son inscription, le délai des cinq (5) ans étant bouclé.

Les avocats semblent sans doute ignorer que l’article L32 du Code électoral dispose que «ne doivent pas être inscrits sur les listes électorales pendant un délai de 5 ans à compter de la date à laquelle la condamnation est devenue définitive (…)”, ne s’applique qu’aux condamnés visés  par l’article L31, troisième tiret. C’est-à-dire aux personnes qui «font soit l’objet d’une condamnation sans sursis  égale à ou supérieure à un (1) mois et inférieure ou égale à trois (3)  mois ou à une peine d’emprisonnement avec sursis égale ou supérieure à Six (6) mois»; soit aux personnes «condamnées pour un délit quelconque à une amende sans sursis supérieure à 200.000 F».

Karim Meissa Wade,  condamné à 6 ans de prison ferme, ne fait pas partie des cas prévus par l’article L32 du Code électoral pour bénéficier de ce délai de Cinq (5) ans. Il reste par conséquent toujours privé de ses droits à être électeur et éligible, conformément aux dispositions de l’article L30 du Code électoral.

Cet article dispose, en effet, que «ne doivent pas être inscrits sur la liste électorale, les individus condamnés pour crime ; ceux condamnés à une peine d’emprisonnement sans sursis ou à une peine d’emprisonnement avec sursis d’une durée supérieure à un mois, assortie ou non d’une amende, pour l’un des délits suivants : vol, escroquerie, abus de confiance, trafic de stupéfiants, détournement et soustraction commis par les agents publics, corruption et trafic d’influence, contrefaçon et en général pour l’un des délits passibles d’une peine supérieure à cinq (05) ans d’emprisonnement ; ceux condamnés à plus de trois (03) mois d’emprisonnement sans sursis ou à une peine d’emprisonnement d’une durée supérieure à six (6) mois avec sursis, pour un délit autre que ceux énumérés au deuxièmement ci-dessus (…)».