NETTALI.COM – Le Plan décennal de lutte contre les inondations, est-il allé à vau-l’eau ?  Une question légitime devant l’impossibilité où se trouve le gouvernement de démontrer que des montants importants ont été affectés à la lutte contre le phénomène.

 Dans les colonnes du quotidien gouvernemental Le Soleil, l’ancien coordonnateur du Plan décennal de lutte contre les inondations, Idrissa Tall n’aura pas été capable de démonter l’argumentaire d’une certaine opposition qui pense que les fonds devant endiguer ce phénomène ont été déroutés juste après l’exécution de la phase d’urgence en 2013.

Détaillant ce montant, il déclare dans la publication de ce vendredi du journal qu’il s’agit « précisément de 766,988 milliards Fcfa constituant le budget prévisionnel pour la réalisation du PDLI planifié sur dix ans, de 2012 à 2022 ».  Un lieu commun puisque cela été plusieurs fois répété par le Premier ministre au moment du lancement de ce plan, Abdoul Mbaye. Mais là où M. Tall semble conforter les critiques, c’est quand il soutient que ce programme comprend trois phases. « Il y avait d’abord une phase d’urgence dont le budget était de 66,375 milliards Fcfa, entièrement exécuté. Ensuite, la phase court terme dont le budget était de 250,603 milliards Fcfa. Et enfin, la phase moyen et long terme budgétisée à 450, 009 milliards », dii Idrissa Tall, dans Le Soleil. Donc, en dehors des 66, 375 milliards pour la phase d’urgence où l’on parle d’exécution effective, l’on ne voit pas d’autres dépenses.

Ministre-délégué en charge des Inondations, Pape Gorgui Ndong, invité à Sen Tv mardi, parle d’un taux d’exécution de 22%, en 2017.  C’est dire que l’Etat peine à fournir aux citoyens les vrais chiffres sur des dépenses qui soulèvent la polémique depuis la résurgence du phénomène avec les pluies du week-end passé, qui ont causé de très importants dégâts à travers le pays, avec des morts à certains endroits.  Il y aurait un malaise, car rien de consistant n’aurait été fait.

Autre chose : au sortir du Conseil interministériel sur les inondations, le 30 juin 2016, l’alors ministre-conseiller, porte-parole du gouvernement, Seydou Guèye, a déclaré que « depuis 2012 le gouvernement a dépensé plus de 70 milliards de F CFA et relogé plus de 2.000 ménages »,

Mais des recoupements font savoir que le Projet de construction des logements sociaux et de lutte contre les inondations et les bidonvilles, les trois structures intervenant dans la lutte contre les inondations — PCLSLIB, PROGEP et ONAS – ont investi 101,6 milliards de francs de 2012 à cette année-là (2016).

Cette enveloppe a essentiellement servi à réaliser des ouvrages de drainage des eaux, conformément à la « nouvelle approche » de lutte contre les inondations,

Selon Idrissa Tall, coordonnateur du Projet de construction des logements sociaux et de lutte contre les inondations et les bidonvilles (PCLSLIB), cette enveloppe a essentiellement servi à réaliser des ouvrages de drainage des eaux, conformément à la « nouvelle approche » de lutte contre les inondations.

Lors de son adresse à la nation de cette semaine, après la réunion d’urgence, le chef de l’Etat a demandé une nouvelle évaluation. Est-ce à dire qu’il a cessé depuis longtemps de s’intéresser à la matière, ainsi que nous amène à l’imaginer la suppression du sous-ministère en charge des inondations, depuis quelques années ?