NETTALI.COM – Le Littoral suscite des convoitises et son occupation soulève une vive polémique depuis quelques temps. Pour en parler, l’émission “Questions directes” a reçu cette semaine l’architecte Mamadou Jean Charles Tall, auteur de plusieurs travaux sur le sujet.

Face à Alassane Samba Diop, M. Tall a essayé, à l’entame de son propos, de relever les nuances terminologiques entre littoral et domaine public maritime, ou encore fluvial. A en croire ce praticien de l’urbanisme, le littoral, c’est toute la zone qui se trouve directement en contact avec la mer ou avec les fleuves. Jean Charles Tall de renseigner : “A partir de là, il y a une définition légale du domaine public qui est une bande de 100m à partir des plus hautes eaux atteintes par les marées. Ce domaine public maritime est réputé inaliénable et imprescriptible. Normalement on ne peut pas le vendre. Normalement, on ne doit ps construire dessus. Et ça doit aider à améliorer la qualité de vie des gens. Malheureusement aujourd’hui, on voit à Dakar que le domaine public maritime est occupé par des constructions d’habitat privé. Il n’ y a pas d’utilité publique derrière. La création d’emplois, elle est marginale. Il existe d’autres pays du monde qui ont une configuration comme la nôtre, mais où on ne construit pas d’hôtels sur la plage. Ce n’est pas parce que je n’ai pas un accès direct à la plage que mon hôtel ne marche pas. C’est un faux-débat“.

Revenant sur les causes, l’architecte est d’avis que “l’un des gros problèmes que nous avons parfois, c’est la non application des textes“. ” La grande contrainte que nous avons en tant qu’urbanistes, architectes, c’est que parfois, il y a eu déclassification de ces terres. Et dans l’administration, dès qu’il y a déclassification des terres, on pense que c’est tout à fait normal. Même si vous avez acheté un terrain à la SICAP, vous ne pouvez pas construire n’importe quoi. Il vous faut tenir compte du règlement d’urbanisme. Quand on nous dit que ça a été déclassifié, ça ne veut pas dire automatiquement que ça devient constructible, même si ce n’est plus dans le domaine public maritime. Malheureusement nous n’avons pas de plan d’urbanisme de détails, appliqué jusqu’à la zone de la Corniche“.

C’est ainsi qu’il se souvient qu’à un moment donné, l’on travaillait à la création d’une Haute autorité de la Corniche. “Mais, il n’y a pas eu de suite“, regrette-t-il. Il pense que dès lors, certains en ont profité pour passer par “les failles de la réglementation”.

Plus on coupe l’accès des alyzées vers le  centre-ville, plus nous avons de pollution“, avertit l’architecte. A cet égard, il a renvoyé à des études sur la qualité de l’air dans la capitale, pour démonter que l’on a beaucoup régressé sous ce rapport. Il cite en exemple les nuages de fumée à hauteur de l’autoroute quand on rentre à Dakar.