NETTALI.COM – Depuis que le premier cas communautaire a été constaté dans la ville de Thiès, après une pause épidémiologique de 21 jours, dans les rangs des enfants talibés, beaucoup ont demandé que le personnel en charge de la restauration des talibés, y compris le maire, soit mis en isolement, pour avoir toujours été en contact avec eux dans les “daaras’’. Mais ce reproche a mis Talla Sylla hors de lui. Il affirme que le jeune talibé a contracté le virus ailleurs.

Le maire de la ville de Thiès, qui s’occupe, depuis bientôt un mois, de la restauration des milliers d’enfants talibés confinés dans certains “daaras’’, fait l’objet de plusieurs critiques de la part de certains Thiessois. Depuis l’apparition du nouveau coronavirus dans les rangs des enfants talibés, des voix s’élèvent pour réclamer la mise en quarantaine de toute l’équipe chargée de la préparation et de l’acheminement des repas pour ces jeunes apprenants dans les établissements d’enseignement coranique. Acteur clé du dispositif de prise en charge de cette couche vulnérable qui subit de plein fouet les effets du couvre-feu et de l’état d’urgence décrétés par le président de la République Macky Sall, Talla Sylla participe aussi à la préparation des repas. Dans ce contexte marqué par l’explosion des cas issus de la transmission communautaire et puisque des enfants ont été testés positifs, certains soutiennent que le maire et son groupe doivent être mis en quarantaine.

Cependant, cette suggestion n’agrée pas Talla Sylla. Pour l’initiateur du “Wagnu daara’’, son équipe et lui vont poursuivre la dynamique de prise en charge de ces enfants. De plus, s’empresse-t-il d’ajouter : le premier jeune talibé testé positif peut avoir contracté le virus ailleurs que dans leurs rangs. “Il y en a qui disent que nous sommes en contact permanent avec les enfants talibés, parce que nous leur apportons à manger. Ils disent aussi qu’on doit nous mettre en isolement ou nous confiner, parce qu’un enfant a été testé positif, il y a quelques jours. Oui ! Je suis d’accord. Mais je rappelle à ceux-là que moi, je vis mon confinement depuis le 14 mars. Nous allons continuer à soutenir les “daaras’’, en cette période de confinement. Maintenant, s’ils disent qu’on doit être confinés parce qu’on s’occupe de la restauration des enfants, nous sommes là et restons à l’écoute’’, réplique-t-il, soulignant que si les uns et les autres sont contre la stratégie qu’il développe pour aider les jeunes talibés, ils n’ont qu’à se signaler.
Ruminant toujours sa colère, Talla Sylla indique que son équipe et lui n’ont rien à se reprocher et qu’ils ne sauraient être une source
de contamination. “Le jeune talibé en question fréquentait les maisons, les marchés, les services, les stations… Où est-ce qu’il a pu bien
choper le virus ? Personne ne peut le savoir. Mais de là à dire que cet enfant innocent a été en contact avec notre équipe, je pense que cela
ne relève pas de la bonne foi. Dans cette histoire, tout le monde est concerné. La personne qui n’est pas concernée, c’est celle qui est sûr
de n’avoir jamais offert quelque chose à un enfant talibé ou qu’un enfant de cette frange de la société n’a jamais frappé à sa porte. C’est ça
la vérité’’, fulmine Talla Sylla.