NETTALI.COM – Les tarifs jugés chers du péage Dakar – AIBD, doivent faire l’objet d’une renégociation entre l’Etat et le concessionnaire Senac SA. Selon le Forum civil qui remet la question au goût du jour, lors d’une réunion de son Bureau exécutif tenue samedi dernier à son siège à Dakar, les tarifs du péage sont excessifs par rapport aux distances parcourues et au trafic.

A en croire le coordonnateur de la section sénégalaise de Transparency International, cité par Enquête dans sa livraison de ce lundi, l’autoroute à péage, au lieu d’être une autoroute de facilitation de la mobilité avec des conditions de sécurité et de rapidité acceptables, est perçue comme une autoroute de stress, avec les longues files d’attente au niveau des postes de péage et celle de tous les dangers pour les usagers.

Il faut relever que c’est le régime du président Macky Sall qui a, le premier, agité l’idée d’une renégociation des termes du contrat entre l’Etat et Senac SA. Lors de la réunion du Conseil des ministres du 11 juin 2018, rappelle le Forum civil, Macky Sall avait donné instruction au gouvernement “d’accélérer la finalisation, avant fin juin 2018, du processus de renégociation des tarifs du péage’’.

Le 23 janvier 2020, ressasse toujours le Forum civil, “lors d’une cérémonie de présentation des vœux relayée par la presse, le directeur général de Senac SA a laissé entendre que ‘le contrat nous fixe un ensemble de droits réciproques entre l’Etat et le concessionnaire. Aujourd’hui, nous sommes au-delà de ce que le contrat nous demande de faire. Et l’idée de renégociation ne parait pas appropriée, parce que l’on peut le renégocier que s’il y a une clause qui le permet. Et aujourd’hui, il n’y en a pas.’ Il ajoute : ‘Nous sommes toujours en discussion permanente. Il est dans l’intérêt de l’Etat et du concessionnaire de trouver des points d’entente. Et c’est une garantie pour tout investisseur de démontrer que le climat de rapport que nous avons avec l’Etat du Sénégal est le meilleur possible. Sinon, ce sera un mauvais signal, pour l’Etat du Sénégal, de vouloir, de manière autoritaire, renégocier les contrats.’

A travers ces propos du directeur de Senac SA, M. Xavier Idier, Birahime Seck et ses camarades notent une volonté manifeste de Senac SA de vouloir fermer toutes possibilités de renégociation du contrat de concession le liant à l’Etat du Sénégal. Ils apprécient d’ailleurs, très négativement, cette “sorte de mise en garde teintée de menace de la part de la Société Senac à l’endroit de l’Etat du Sénégal formulée en des termes inacceptables : “Sinon, ce sera un mauvais signal pour l’Etat du Sénégal de vouloir, de manière autoritaire, renégocier les contrats.’’ Ils recommandent à Senac SA de faire preuve de respect à l’endroit des Sénégalais, de se départir de cette attitude néocoloniale et d’aller à la table de négociations avec l’Etat du Sénégal pour la restauration effective de l’équilibre contractuel.

A l’Etat du Sénégal, à qui ils manifestent leur soutien en cette matière, Birahime Seck et ses camarades demandent d’être ferme dans sa volonté de renégocier la concession de l’autoroute à péage Dakar – AIBD, de renégocier le contrat dans le sens de défendre les intérêts intrinsèques de l’Etat et du peuple sénégalais. Mais aussi de procéder à un audit technique des travaux de l’autoroute afin d’éclairer les Sénégalais sur l’utilisation des 320 milliards et la participation réelle d’Eiffage dans le montage financier.