NETTALI.COM – Depuis 2016, le Sénégal peine à sortir de la zone rouge, relativement à l’Indice de perception de la corruption. La remarque est du Forum Civil, qui déplore « l’inertie » du chef de l’Etat face à la non-publication de rapports des corps de contrôle.

Le rapport 2019 sur l’Indice de perception de la corruption a été partagé ce jeudi par le Forum Civil. Birahim Seck, coordonnateur dudit forum, a commencé par rappeler le score négativement statique du Sénégal au cours des trois dernières années.

Ainsi, relève-t-il que « pour l’indice de perception de la corruption, ce n’est pas le rang qui est important ; le rang est facultatif ; le rang n’est pas substantiel ; le rang n’est pas le principal ». En conséquence, tirera-t-il : « Ici ce qui est substantiel, c’est la note. En 2016 le Sénégal avait obtenu une note de 45 / 100 et restait dans la zone rouge ;  en 2017, le Sénégal reste toujours dans la zone rouge avec la même note ; en 2018, le Sénégal reste encore dans la zone rouge avec encore 45 / 100. Les mêmes constats demeurent par rapport au score du Sénégal en 2019. Nous remarquons que le Sénégal a cessé de progresser depuis 2016 ».

En outre, fait-il savoir, sauf le Cap-Vert qui a obtenu une note de 58 % en se classant premier dans la zone économique CEDEAO, aucun autre pays de cette zone n’a quitté la zone rouge. « Non seulement le Cap-Vert est hors de la zone rouge, mais il a progressé d’un point en 2019, par rapport à 2018 quand il avait 57 /100 », félicite le coordonnateur du Forum Civil.

« Après une période de progression de 36 /100 en 2012, 41 / 100 en 2013, 43 /100 en 2014,  44 / 100 en 2015, la stagnation du Sénégal dans la zone rouge est due à un affaiblissement réel de la volonté politique de lutter contre la corruption, à une situation de mal-gouvernance actée par un déficit criard de reddition des comptes ainsi qu’un accroissement de l’impunité ».

« Ces phénomènes se manifestent par le refus de la Cour des comptes et de l’Inspection générale d’Etat de publier les rapports contrôle sur la gestion des ressources publiques et du patrimoine », démontre-t-il.

A cet égard, il éclaire qu’ils ont saisi à deux reprises la Cour des comptes pour la publication des rapports en décembre 2019 et pas plus tard que le 10 janvier 2019. En réponse, rapporte-t-il, la Cour des comptes leur a notifié que ces rapports (ceux de 2015, 2016, 2017 et 2018)  sont « prêts et disponibles» mais ne « sont pas rendus publics »

Aussi, Birahim Seck indexe-t-il  “l’inertie” du président d la République face à la non-publication des rapports et au refus d’un membre du gouvernement de répondre à la justice, en l’occurrence Moustapha Diop, actuel ministre en charge de l’Industrie.

Listant les raisons pour lesquelles le Sénégal peine à sortir de la zone rouge depuis 2016, il a plaidé pour la réactivation de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI).

« La traque contre les biens mal acquis doit impérativement continuer. La Crei doit impérativement reprendre service », exhorte-t-il, demandant, dans la foulée, que la lumière soit apportée sur le sort des 25 personnalités du régime libéral dans le viseur de l’alors procureur spécial Alioune Ndao.

Jugeant cet « arrêt inexplicable et inexpliqué » devant la « forte demande sociale de redevabilité », Birahim Seck a aussi dénoncé le maintien à la tête de l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) d’un directeur général dont le mandat a expiré depuis trois ans.