NETTALI.COM – La peine encourue par les trafiquants de faux médicaments est désormais de 20 ans de prison et de  50 millions de francs CFA d’amende (76 200 d’euros). Ainsi en décide l’Initiative de Lomé, à laquelle adhère le Sénégal.

Le président de la République sénégalais, Macky Sall, et ses homologues du Togo, du Congo-Brazzaville, d’Ouganda, du Niger, du Ghana, et de la Gambie) vont se réunir samedi prochain en sommet à Lomé. Ce,  pour signer l’Initiative de Lomé. Il s’agit d’un accord international criminalisant le trafic de faux médicaments.

Le Togo fait d’ailleurs figure de pionnier après avoir endurci son code pénal dès 2015. La peine encourue par les trafiquants y est désormais de 20 ans de prison et de 50 millions de francs CFA d’amende (76 200 d’euros). L’objectif de cette initiative, placée sous l’égide de la Fondation Brazzaville, une ONG indépendante basée à Londres, est d’inciter d’autres Etats à apporter une “réponse collective à cette crise panafricaine“.

Mais, obstacle majeur, tant que le Nigeria, vaste marché de 200 millions d’habitants et première destination des produits contrefaits en Afrique, ne rejoindra pas les efforts déployés par ses voisins, la lutte contre ce fléau restera anecdotique. En effet, le tiers des 126 millions de médicaments falsifiés saisis dans 16 ports africains lors d’une opération de l’Organisation mondiale des douanaes en septembre 2016 était destiné au géant anglophone.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) le répète sur tous les tons : les médicaments “falsifiés ou de qualité inférieure” provoquent chaque année la mort de plus de 100 000 personnes en Afrique.

Le phénomène existe dans le monde entier, mais, selon l’OMS, 42% des faux médicaments saisis depuis 2013 l’ont été sur le continent africain, où la faiblesse des systèmes de santé et la pauvreté ont favorisé, plus qu’ailleurs, l’émergence d’un marché parallèle très lucratif. La Fédération internationale de l’industrie du médicament (FIIM) estime qu’un investissement de 1000 dollars peut générer 500 000 dollars de profits, ce qui rendrait les faux médicaments plus rentables que la plupart des stupéfiants.

La Chine et l’Inde semblent être, en effet, les principaux pourvoyeurs des médicaments “falsifiés” dont la proportion par rapport aux remèdes homologués en Afrique s’élèverait par endroits à 60%.

Malgré les efforts récents, les saisies montrent que “le phénomène reste important” et implique “des réseaux criminels très organisés“, selon le Dr Kpéto. Faute de législation spécifique, le trafic de faux médicaments est souvent considéré comme un simple délit de contrefaçon et les peines atteignent quelques mois d’emprisonnement tout au plus.