NETTALI.COM – Le domicile dakarois du pape du Sopi est une sorte de Mur des Lamentations, où défilent la plupart des contempteurs de Macky Sall ayant boycotté le dialogue politique en cours. Cette opposition dite radicale, qui a fait de l’affaire PETRO-TIM son cheval de bataille, subit l’agenda caché du Pds. Puisque le seul intérêt de Me Abdoulaye Wade, qui a soulevé le lièvre en 2014, en pleine tempête politico-judiciaire autour de la CREI, reste la libération totale de son fils.

Au lendemain de la diffusion, le 2 juin passé, du reportage de la Bbc sur l’affaire PETRO-TIM, Aliou Sall, lors d’une rencontre avec les journalistes, avait clairement indexé ceux qu’il prend pour des éléments de « l’opposition radicale », particulièrement, Abdoul Mbaye et Mamadou Lamine Diallo, qui avaient livré leurs versions à la journaliste britannique auteure du reportage à controverse.

Prenant date, le maire de Gédiawaye avait annoncé que Thierno Alassane Sall et Ousmane Sonko s’apprêtaient à jouer leurs partitions. Le temps lui donnera raison, tous les quatre sont aujourd’hui en première ligne dans le combat pour la transparence dans la gestion des ressources naturelles.

Curieusement, le Pds est resté longtemps aphone sur cette polémique pourtant déclenchée en 2014 par Me Abdoulaye Wade. C’est au deuxième vendredi de manifestation, à la Place de l’Obélisque, que le Parti sopiste a dépêché une délégation qui demandera la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur la nébuleuse, activant ses militants pour la réussite de la mobilisation. Plus tard, les cadres libéraux annonceront une conférence de Wade, finalement renvoyée à la Semaine des quatre jeudis, concomitamment aux visites du secrétaire général dans certains foyers religieux du pays.

Ce rétropédalage, sous le mode du double-jeu, de l’ancien président de la République, prédispose à croire que la mobilisation populaire autour de cette volonté de transparence est utilisée par le Pds pour accroitre la pression sur le pouvoir aux fins d’obtenir une libération totale de Karim Wade. Ce dernier est dans le rôle du métronome tapis dans l’ombre, qui tire les ficelles, sans se laisser découvrir. C’est un secret de Polichinelle : tous les actes et paroles de l’ex-chef d’Etat sont combinés dans la perspective de rendre éligible son fils. Parce que Frank Timis, comme en témoigne Pierre Atepa Goudiaby, a été introduit au Sénégal en 2011 sous le règne du Pds, Me Abdoulaye Wade n’aurait jamais ébruité l’affaire, si l’ex-ministre d’Etat n’était pas emprisonné, suite au déclenchement des poursuites de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI).

Ainsi, Mamadou Lamine Diallo, Ousmane Sonko, Adama Gaye, et d’autres membres de cette opposition radicale, récemment reçus par le Pape du Sopi, sont en train de faire le jeu des libéraux. C’est par cette stratégie que l’opposant Abdoulaye Wade, dans les années 80-90, utilisaient les partis de gauche pour accentuer la pression sur Abdou Diouf et finir par prendre ses distances quand l’objectif est atteint. Une fois élu, il brûlera le projet de Direction politique unifiée prôné par Abdoulaye Bathily.