NETTALI.COM – Souvent pointé du doigt en équipe nationale, Lionel Messi a brisé le silence pour exprimer son mal-vivre. Le quintuple ballon d’or est monté au créneau pour sortir les griffes face aux critiques, au lendemain de son retour à l’Albiceleste.

De retour en sélection après un break de plusieurs mois, Lionel Messi s’est défendu face aux critiques qui émergent constamment en Argentine. Il est aussi revenu sur l’élimination au Mondial et sur sa décision de prendre du recul.

Lionel Messi n’est pas prophète chez lui, mais il n’a pas été sourd aux critiques qui ont déjà émergé au pays. Dans un long entretien accordé à la radio argentine FM 94.7, le quintuple Ballon d’Or a accepté de revenir pour la première fois sur la période difficile qu’il vient de traverser. L’attaquant du Barça (31 ans, 65 buts en 129 sélections), d’ordinaire discret dans les médias, n’a éludé aucun sujet et fait preuve d’une rare franchise.

Les critiques permanentes en Argentine

«On invente des trucs sur moi. Tout ça me gave. Cela me rend fou de rage que les gens y croient». Avant d’ajouter : « Mon fils Thiago me demande parfois : mais pourquoi on te flinge en Argentine ». « Plus rien ne me surprend. On invente des trucs sur moi. Tout ça me gave. Cela me rend fou de rage que les gens croient ce qu’ils disent. Les gens doivent m’écouter, je n’aime pas qu’on mente à mon sujet. C’est devenu une habitude que j’aille ou pas en sélection. Mes proches ne voulaient pas je revienne. C’est impossible de prendre du plaisir avec tout ça. Mais je joue pour moi, ma famille et ceux qui m’aiment. Pour tous les autres, il va falloir me supporter encore car j’ai envie de gagner quelque chose avec mon pays ».

Son absence et son silence après le Mondial

«J’ai juste pensé à m’enfermer, à laisser passer le temps, pour que tout ça se calme»

« C’était difficile de parler à nouveau parce que le coup était très dur à la Coupe du monde. J’ai juste pensé à m’enfermer et pleurer avec ma famille. Je me suis un peu éloigné de l’équipe nationale, laissant le temps passer, pour que tout ça se calme. Cette génération a été maltraitée pendant 10 ans. Nous vivons des choses anormales. Les médias disent tant d’atrocités, tant de mensonges. Ça a toujours été le bordel avec les journalistes. C’est pourquoi on est partis à un moment donné…Vous pouvez pas tout clarifier. On a laissé dire n’importe quoi ».

Les échecs successifs de l’Albiceleste

«Nous n’avons pas eu de chance. Nous avons commis des erreurs. Parfois ça s’est joué à des détails». « Nous n’avons pas eu de chance, car si nous avions gagné la finale de la Coupe du monde au Brésil, tout aurait été différent. C’est à partir de là que tout est parti en vrille. Peut-être que ma relation avec la presse aurait pu être différente, des deux côtés. Nous avions commis des erreurs, nous nous sommes fermés et nous ne voulions pas parler. L’équipe nationale est au-dessus de tout. Nous avons fait de notre mieux pour remporter la Coupe du monde et la Copa America, mais parfois ça s’est joué à des détails.

Sa place et son avenir en sélection

«Je n’ai rien à prouver à personne»

« C’est difficile de profiter de l’environnement en sélection. Mais je joue et je suis prêt. Je n’ai rien à prouver à personne. Je me consacre au terrain et c’est tout. On dit que je fais jouer mes amis mais si la sélection était un club de copains, Kun par exemple jouerait tous les matches. Or, il a été remplaçant le plus souvent. Je ne m’implique pas (dans les choix du sélectionneur). Je pense qu’il (Lionel Scaloni) a une idée claire. Le changement de génération en cours est bon. Il voulait essayer autre chose contre le Venezuela, essayer d’autres joueurs mais tout s’est mal passé. Nous ne nous attendions pas à perdre comme ça. C’était un test, il en tirera ses propres conclusions. »

A noter que Lionel Messi a perdu quatre finales avec l’Argentine. Trois Copa America (2007, 2015 et 2016) et une Coupe du monde (2014). L’équipe nationale A d’Argentine n’a plus gagné de trophée majeur depuis 26 ans. Le dernier titre des argentins remonte en 1993. Une Copa America remportée devant le Mexique 2-1, grâce à un doublé de Gabriel Omar Batistuta.