NETTALI.COM- Lors de la remise officielle des cahiers de doléances au Palais de la République, le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication (Synpics) a porté la voix d'un secteur en quête de souffle. Son secrétaire général, Moustapha Cissé, a plaidé pour la restauration de la dignité des entreprises de presse et des journalistes avec le financement, l'apurement des dettes et la transformation numérique.

Seul syndicat sectoriel à s'exprimer aux côtés des grandes centrales lors de la remise des cahiers de doléances 2026 au président de la République, le Synpics a plaidé pour des mesures structurantes afin de sortir le secteur de la presse de la crise.  Son secrétaire général, Moustapha Cissé a d’abord rappelé le caractère « d’utilité publique » des médias. Ainsi, il a soutenu que son plaidoyer « ne s’agit point de réclamer des privilèges, mais de rappeler des principes de vérité, de dignité et de justice ». Pour lui, l'enjeu dépasse le cadre corporatiste, car « lorsque nos rédactions s’affaiblissent, c’est la République elle-même qui perd sa capacité à se corriger ».

Dans son diagnostic, il place le financement au cœur de la crise. A cet effet, Moustapha Cissé a insisté sur la nécessité d'un audit indépendant suivi d'un plan de règlement des arriérés dus aux entreprises. Pour le leader syndical, cette dette étouffe l'outil de travail. « Les arriérés dus aux entreprises de presse ne sont pas de simples lignes comptables. Ce sont des salaires différés, des investissements bloqués, des rédactions fragilisées », déplore-t-il.

Outre l’urgence du règlement du problème du financement de la presse avec l’apurement des dettes dues aux entreprises de presse, le Synpics plaide pour une adaptation forcée au numérique. Pour le Sg, cela passe  par la création d'un fonds de soutien à la transformation digitale et des incitations fiscales pour permettre aux médias de survivre à l'ère des plateformes globales.

Le second levier de réforme concerne les médias de service public (RTS, Le Soleil, APS). Le Synpics réclame des contrats de performance ambitieux et une gouvernance plus inclusive qui associerait les organisations professionnelles aux décisions stratégiques.

Mais au-delà des moyens, c'est la méthode de dialogue qui est remise en cause. Moustapha Cissé a vigoureusement dénoncé ce qu'il appelle le « silence administratif ». Pour le syndicaliste, « le silence face aux sollicitations de la presse constitue une entrave » au bon fonctionnement du secteur.

Une feuille de route sous 30 jours

Soucieux de ne pas rester au stade des vœux pieux, le secrétaire général du Synpics a affirmé que ses propositions sont « concrètes, chiffrées et réalisables ». Il a ainsi exhorté les autorités à élaborer, dans un délai de 30 jours, une feuille de route claire. Celle-ci devrait intégrer la publication des audits, la création d'un fonds de régularisation et, surtout, l'installation d'un cadre de suivi interministériel pour garantir que les engagements pris devant le Chef de l'État ne restent pas lettre morte.