NETTALI.COM- La célébration de la fête internationale du Travail, ce 1er mai 2026, a pris les traits d’une démonstration de force à Dakar. Dans une unité d’action retrouvée, les principales centrales syndicales ont porté d’une seule voix les griefs d’un monde ouvrier en quête de dignité et de réformes structurelles. C'était en présence du ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, qui a marché avec les syndicalistes.
Les militants de la CNTS, de l’UNSAS, de la CNTS/FC et de la CSA ont transformé les artères de la capitale en un vaste forum social. Ils ont marché de Sandaga à la place Faidherbe, en passant par l’avenue Ponty et la place de l’Indépendance. Leurs revendications portent sur : le pouvoir d’achat, étranglé par la pression fiscale, et la précarité galopante des emplois. Sur les pancartes, les messages étaient sans équivoque : harmonisation des conventions collectives, baisse de l’impôt sur les salaires, et protection sociale étendue au secteur informel.
Un front uni face à la crise de l’emploi
Outre la généralisation de l’indemnité de logement, les leaders ont exigé un assainissement rigoureux du secteur du gardiennage. Mody Guiro, président du front, a dressé un bilan alarmant de la conjoncture économique, notamment dans le BTP : « Plus de 20 000 emplois ont été perdus », a-t-il alerté, précisant que des entreprises sont contraintes de réduire la voilure pour éviter des licenciements massifs.
Pour M. Guiro, si l’ouverture est réelle, la vigilance reste de mise : « Les revendications portent notamment sur la généralisation de l’indemnité de logement, l’élargissement de la protection sociale et la réforme du code du travail ». Et de prévenir que si le dialogue est l’arme privilégiée, « la grève n’est pas une finalité, mais une option lorsque le dialogue n’apporte pas de solutions ».
Le Ministre Olivier Boucal dans le cortège
Fait marquant de cette édition, la présence physique d’Olivier Boucal, ministre de la Fonction publique, aux côtés des manifestants. Pour Mamadou Lamine Dianté, président du Haut Conseil du Dialogue social, ce geste illustre « un partenariat dynamique entre le gouvernement et les représentants des travailleurs », un an après la signature du pacte de stabilité de 2025.
De son côté, le ministre Boucal a tenu à légitimer le combat syndical, affirmant que sa participation traduisait « l’expression d’une volonté réelle de concertation ». Il a rappelé que les acquis sociaux majeurs du Sénégal « découlent majoritairement des luttes ouvrières », érigeant les syndicats en « partenaires incontournables dans l’élaboration des politiques publiques ».






