NETTALI.COM - Invité du Grand Jury, le journaliste considère la reprise du bloc gazier par l’État comme légitime, tout en appelant à la prudence sur sa mise en œuvre.

La décision du gouvernement sénégalais d’attribuer exclusivement à PETROSEN l’exploitation du bloc gazier Yakaar-Teranga continue de susciter débats et analyses. Invité du Grand Jury ce dimanche 26 avril 2026, le journaliste et consultant Adama Gaye y voit avant tout une affirmation de souveraineté.

Selon lui, cette orientation s’inscrit dans une dynamique historique bien connue dans le secteur des hydrocarbures, où de nombreux États ont cherché à reprendre le contrôle de leurs ressources naturelles.

« Ce n’est pas une mauvaise chose », a-t-il estimé, saluant une décision qu’il qualifie de « souveraine ».

Si le principe est jugé pertinent, Adama Gaye exprime toutefois des réserves sur la capacité du Sénégal à concrétiser cette ambition.

Il pointe notamment les conditions initiales d’exploitation des ressources, qu’il juge « assez douteuses », laissant entendre que les bases du secteur nécessitent encore des clarifications et des ajustements.

Concernant le rôle confié à PETROSEN, le consultant reconnaît l’existence de compétences nationales dans le domaine. Néanmoins, il qualifie cette orientation de « pari audacieux », compte tenu des défis techniques et financiers.

La question du financement apparaît comme un point critique. Adama Gaye met en garde contre une mobilisation de l’épargne publique sans encadrement rigoureux :

« Il y a de grands risques de recyclage et de blanchiment d’argent », a-t-il averti.

Face à ces enjeux, le journaliste recommande une approche mesurée, fondée sur une meilleure structuration du secteur et le recours à des partenariats stratégiques.

« Il faut être plus serein, plus posé et ne pas se précipiter », a-t-il insisté.

Entre volonté politique affirmée et défis opérationnels, la reprise du bloc Yakaar-Teranga ouvre un nouveau chapitre pour le secteur énergétique sénégalais.

Reste désormais à traduire cette ambition en résultats concrets, dans un équilibre délicat entre souveraineté, efficacité économique et transparence.