NETTALI.COM - De Vélingara à Médina Yoro Foulah, la tournée économique du Chef de l’État, ces 23 et 24 avril 2026, n'était pas qu'une simple promenade de santé. Entre infrastructures industrielles de rupture, investissements massifs dans les agropoles et renforcement du plateau sanitaire, le Président Bassirou Diomaye Faye pose les jalons d’un développement important dans le Fouladou.

Comme Saint-Louis et Ziguinchor auparavant, le chef de l'État poursuit sa logique de gouvernance par la proximité. Comme quoi, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye aime bien descendre sur le terrain afin de s'enquérir lui-même de l’avancée des projets et des doléances des Sénégalais. Ce nouveau périple de 72 heures le conduit encore au Sud, dans cette partie de la Casamance, juste à côté de Ziguinchor : Kolda.

Médina Yoro Foulah : L’éveil d’un géant

Longtemps considéré comme l’un des départements les plus enclavés du pays, Médina Yoro Foulah passe désormais pour le laboratoire à ciel ouvert de la nouvelle stratégie industrielle du Sénégal. Ce vendredi 24, le Président Bassirou Diomaye Faye a présidé le lancement des travaux de la Zone Aménagée pour l’Investissement (ZAI). Ce projet, qui s’étend sur une assiette foncière sécurisée de 30 hectares, ne se veut pas une zone industrielle classique, mais une plateforme d’intégration.

Sous l'impulsion de l'APIX, la première tranche de 15 hectares est déjà entrée dans sa phase opérationnelle. L’arrivée annoncée d’une unité de trituration de la SONACOS sur le site marque la fin de l’ère de l’exportation brute des récoltes. Ici, l’État mise sur la viabilisation totale (eau, électricité, fibre optique) pour attirer des “champions nationaux” capables de transformer le potentiel agricole local en valeur ajoutée mondiale.

Le “Boost” budgétaire : 89 milliards pour l’Agropole Sud

L’annonce la plus marquante de ce périple est sans doute intervenue lors de l’inauguration de l’agropole de Kolda. Face aux acteurs économiques, le Chef de l’État a révélé une augmentation substantielle du budget alloué aux agropoles de la région naturelle de la Casamance. “Comme nous l'avions fait à Adéane, l'agropole sud qui doit être installé dans 9 sites pour 54 milliards passe à 89 milliards. En ce sens, nous croyons aux potentialités de Kolda comme partout dans le pays d'où l'importance de la politique de territorialisation de nos terroirs. Et les stands que nous avons visités confortent notre conviction pour le développement de nos territoires”, a martelé le Président Diomaye Faye.

Cette rallonge de 35 milliards de FCFA se veut une réponse directe aux inégalités territoriales. Pour le Président, l'agropole est l'arme fatale contre les maux de la jeunesse : “Le programme des agropoles nous montre que c'est la voie à suivre pour le développement et pour lutter contre les inégalités et les iniquités. L'agropole constitue une réponse aux questions de chômage, d'emplois des jeunes et des femmes, à la lutte contre les migrations irrégulières.”

Anacarde et transformation : La fin d’un immense manque à gagner

Le diagnostic des acteurs du terrain est sans appel. Boubacar Konta, président de l’interprofessionnelle de l’anacarde, a rappelé l'urgence de cette industrialisation au micro des journalistes : “Le Sénégal perd annuellement plus de 600 milliards avec la non-transformation de l'anacarde. Et avec ce parc, ce sont 14 500 emplois qui sont créés dans toute la zone sud avec un développement des start-up.”

L'innovation est aussi écologique. Au-delà de la transformation des produits ligneux (anacarde, pain de singe, oseille, lait), l’agropole intègre une dimension de développement durable. Les résidus de production, comme la coque d'anacarde, serviront désormais à créer du gaz ou du charbon de bois, luttant ainsi contre la déforestation et le réchauffement climatique.

Souveraineté alimentaire : Le réveil du bassin de l’Anambé

Avant de rallier Kolda et Médina Yoro Foulah, le périple présidentiel avait débuté le jeudi 23 avril par une immersion dans le monde rural de Vélingara. À la SODEFITEX, le Chef de l’État a fixé un cap industriel pour le coton : 100 000 tonnes à l’horizon 2030, avec une exigence de transformation locale des fibres. Mais c’est au bassin de l’Anambé que le discours sur la souveraineté alimentaire a pris tout son sens. Le Président a visité les 1 000 hectares du secteur G, réhabilités pour 10,5 milliards de FCFA par la SODAGRI. Pour le Chef de l’État, la reconstruction hydraulique doit s'accompagner d'un accès direct au matériel pour les riziculteurs, afin de transformer radicalement les rendements de la Haute Casamance.

Un volet social pour clore la marche

La tournée ne s’est pas limitée aux seules statistiques économiques. Conscient que le développement ne peut se faire sans une population en bonne santé, Bassirou Diomaye Faye a inauguré le SAMU régional de Kolda et posé la première pierre d'un Pôle mère-enfant. Cette infrastructure spécialisée vise à briser le cycle de la mortalité maternelle et néonatale dans la zone sud.

En deux jours, le Chef de l’État a envoyé un signal fort : le Fouladou n’est plus à la périphérie des décisions, mais au centre d’une stratégie nationale qui refuse désormais de voir ses ressources quitter le sol sénégalais sans créer d'emplois et de richesse sur place.

Rappelons que pour clore son séjour, le président de la République devra se rendre ce samedi, un peu plus à l'est du pays. En effet, dans la région de Tambacounda, le chef de l'État est attendu à Médina Gounass pour les besoins du Daaka actuellement en cours. Le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye sera reçu par le khalife de Médina Gounass.

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