NETTALI.COM - Au Sénégal, près de 80 % des personnes atteintes d’hémophilie ignorent leur état, les exposant à des complications graves, voire mortelles, notamment lors de circoncisions non sécurisées. À l’occasion de la Journée mondiale de la maladie, célébrée ce 17 avril, les experts du Centre national de transfusion sanguine (CNTS) tirent la sonnette d’alarme et appellent à une sensibilisation accrue pour sortir les patients de l’errance diagnostique.
Au Sénégal, sur un effectif estimé à environ 1 800 personnes touchées par l’hémophilie, seules 400 bénéficient d’un diagnostic formel. Selon le professeur Saliou Diop, ce fossé s’explique principalement par une méconnaissance profonde de cette pathologie. L’hématologue et clinicien a précisé que les 1 400 patients restants ignorent leur condition, ce qui entraîne souvent des décès prématurés ou des malformations physiques graves. Ces déclarations ont été faites au CNTS lors de la commémoration de la Journée mondiale de l’hémophilie, célébrée chaque 17 avril et placée cette année sous le thème : « Diagnostiquer : première étape de soins ».
Face à cet enjeu de santé publique, l’enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) préconise une intensification de la sensibilisation. Il incite notamment les familles à utiliser l’application « Seytou hémophilie », conçue pour offrir des conseils pratiques aux parents. Tout en saluant les efforts du Sénégal dans la prise en charge pédiatrique, il considère cette journée mondiale comme un levier essentiel de mobilisation autour des troubles de la coagulation.
De son côté, le docteur Daouda Seck, directeur du CNTS a rappelé que cette maladie reste trop souvent dans l’ombre et insuffisamment traitée à l’échelle mondiale. Il a affirmé qu’aucun protocole de soin efficace ne peut être mis en œuvre sans un diagnostic précoce et accessible, celui-ci étant la condition sine qua non pour sortir le patient de l’incertitude et l’orienter vers un parcours de soins adapté.
Bien que le Sénégal ait enregistré des progrès significatifs grâce à la Direction de lutte contre l’hémophilie, le docteur Seck souligne que des défis majeurs subsistent. Ces priorités concernent l’amélioration de l’accès aux tests, le renforcement technique des laboratoires et la formation spécialisée du personnel médical. Dans cette optique, le CNTS réaffirme son engagement à consolider le système de diagnostic tout en garantissant la disponibilité et la sécurité des produits sanguins nécessaires aux patients.






