NETTALI.COM - La décision est lourde de conséquences. Le 17 avril 2026, la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar a prononcé la nullité totale de la procédure visant Farba Ngom. Une issue spectaculaire qui ne tient pas au fond du dossier, mais à des irrégularités majeures dans la forme dans l’affaire des téléphones portables découverts avec Farba Ngom, dans sa cellule.
Selon les éléments révélés, les juges ont annulé les procès-verbaux clés de l’enquête (notamment les PV n°28 et 50), les réquisitoires introductifs et supplétifs du parquet, et par ricochet, l’ensemble de la procédure judiciaire.
Autrement dit, ce n’est pas seulement une partie du dossier qui est fragilisée : c’est toute la chaîne judiciaire qui s’effondre.
Au cœur de la décision, un principe fondamental du droit pénal : une procédure irrégulière ne peut produire d’effets juridiques valables.
Si les actes de base (enquête, réquisitions, saisines) sont jugés invalides, tout ce qui en découle devient caduc. C’est ce mécanisme qui a conduit les juges à prononcer une nullité totale.
Ce type de décision est rare et traduit généralement des manquements graves dans la conduite de l’enquête ou un non-respect des garanties procédurales du justiciable.
Sur le plan strictement juridique, la Chambre d’accusation n’a pas statué sur la culpabilité ou l’innocence de Farba Ngom. Elle a simplement constaté que le dossier ne pouvait pas être jugé en l’état. Mais sur le plan politique, l’impact est immédiat.
Du côté de ses avocats et de ses soutiens, cette décision est présentée comme une victoire de l’État de droit, la preuve d’un dossier fragilisé dès le départ voire l’échec d’une procédure jugée orientée.
À l’inverse, elle soulève une autre question : comment une affaire d’une telle « gravité », comme le soulignait la ministre de la Justice Yassine Fall, a-t-elle pu être construite sur des bases procédurales aussi fragiles ?
Au-delà du cas Farba Ngom, cette décision envoie un message fort : la rigueur procédurale n’est pas une formalité. Elle conditionne toute la validité de l’action judiciaire et son non-respect peut anéantir des mois d’enquête.
Elle rappelle aussi que dans un État de droit, la fin ne justifie pas les moyens.
Ce dossier intervient dans un contexte où plusieurs procédures visant des figures politiques font débat.
Pour certains observateurs, cette annulation renforce l’idée d’une justice sous pression ou de dossiers montés avec précipitation. Pour d’autres, elle démontre au contraire que les mécanismes de contrôle judiciaire fonctionnent.






