NETTALI.COM - Après un premier trimestre sous tension mais maîtrisé, l’État sénégalais prévoit de lever 658 milliards FCFA entre avril et juin 2026, confirmant son recentrage sur le marché financier de l’UEMOA.

Le premier trimestre 2026 aura été particulièrement délicat pour les finances publiques sénégalaises. Alors que certains analystes redoutaient un défaut de paiement, notamment sur les eurobonds, l’État a finalement honoré l’ensemble de ses engagements.

Mieux encore, dans un contexte de fermeture progressive des marchés financiers internationaux, le Sénégal a su mobiliser 1 068,6 milliards de FCFA sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA), dépassant largement son objectif initial fixé à 808 milliards.

Pour la période avril-juin 2026, le gouvernement adopte une approche plus mesurée. Selon le calendrier publié par UMOA-Titres, il prévoit de lever 658 milliards de FCFA sur le marché régional.

Dans le détail : 210 milliards de FCFA seront mobilisés via des Bons assimilables du Trésor (BAT) et 448 milliards de FCFA à travers des Obligations assimilables du Trésor (OAT).

Cette stratégie traduit une volonté d’ajuster le rythme d’endettement tout en maintenant la capacité de financement de l’État.

Au niveau communautaire, les huit pays de l’UEMOA ambitionnent de lever 3 075,5 milliards de FCFA sur la même période. La Côte d’Ivoire reste le principal emprunteur, avec un objectif de 980 milliards de FCFA.

Pour le Sénégal, ce marché régional est désormais central. L’accès aux financements internationaux s’est considérablement réduit, notamment après la réévaluation du taux d’endettement du pays à 132 % par le FMI, dans le contexte de la controverse sur la dette dite « cachée ». Cette situation a conduit à la suspension du programme avec l’institution financière internationale.

Dans ce contexte contraint, le Sénégal se tourne massivement vers le marché régional pour assurer ses besoins de financement. Sur l’ensemble de l’année 2026, l’État prévoit de mobiliser 4 132 milliards de FCFA, dont 2 752 milliards sur le marché des titres publics de l’UEMOA.

Les résultats du premier trimestre, avec des levées supérieures aux prévisions, témoignent d’une certaine confiance des investisseurs régionaux. Toutefois, cette dépendance accrue au marché local pose la question de la soutenabilité de la dette à moyen terme.

Entre prudence budgétaire et nécessité de financement, le Sénégal entre ainsi dans une phase délicate, où chaque levée de fonds devient un exercice d’équilibre entre crédibilité financière et pression économique.