NETTALI.COM- Réunis en assemblée générale le samedi 11 avril 2026 à la la CNTS Keur Madia, les agents contractuels de l’administration publique et parapublique ont dressé un diagnostic sans complaisance de leur situation. Entre précarité sociale et absence de perspectives, le Collectif interministériel interpelle vigoureusement l’État et exige le reversement des 29 000 agents recensés dans la Fonction publique comme unique remède durable à leur détresse.

L’heure est à la mobilisation générale pour les « oubliés » de l’administration sénégalaise qui ont haussé le ton au sein de la Maison Madia Diop, lors de l’assemblée générale tenue le samedi 11 avril 2026. Oumar Dramé, coordinateur du collectif interministériel, a dénoncé une situation devenue intenable pour ces agents. « Il est inadmissible que des travailleurs qui bravent chaque jour tornades et cataclysmes au sein de l’administration, n’aient ni couverture maladie, ni indemnités, ni reversement de cotisations sociales à l'IPRES ni perspective de carrière », a-t-il martelé

Le constat dressé lors de cette rencontre met en lumière un fossé profond entre les fonctionnaires et les contractuels. Ces derniers, bien qu'étant des travailleurs à part entière, sont privés de droits fondamentaux. L’absence de couverture maladie figure en tête des griefs, alors que les fonctionnaires jouissent d'une prise en charge à 180°C par l'État. À cette insécurité sanitaire s’ajoute une précarité de la retraite alarmante. En effet, le Collectif révèle que les cotisations sociales prélevées à la source ne sont pas systématiquement reversées à l’IPRES, condamnant ainsi de nombreux agents à une fin de vie sans pension.

Le volet professionnel n'est guère plus reluisant. Les contractuels déplorent l'inexistence de plan de carrière et le mépris de l'ancienneté. Oumar Dramé pointe du doigt un paradoxe frappant. « Des travailleurs investissent des millions de francs CFA pour se former, mais une fois diplômés, ils ne sont pas reclassés, contrairement aux fonctionnaires », se désole M. Dramé. En parallèle, ils sont exclus du système d'indemnités, ne percevant ni prime de logement ni indemnité de risque.

Face à cette marginalisation, le Collectif propose une feuille de route claire. Si l'urgence repose sur l'accès à la Couverture Maladie Universelle (CMU) et la régularisation des cotisations, la revendication centrale demeure structurelle. « Le reversement des 29 000 contractuels recensés dans la Fonction publique est la seule solution durable pour éradiquer définitivement leur problème », assène le coordinateur, s’interrogeant au passage sur la lenteur de l'État à matérialiser ce processus.

Un mémorandum sera prochainement transmis aux centrales syndicales pour porter ce combat au plus haut niveau. Tout en laissant à l’État le temps de s’approprier ce diagnostic, le Collectif avertit qu’en l’absence de réaction, les syndicats se réservent le droit de « passer à la vitesse supérieure ». L'espoir d'une écoute attentive reste de mise, afin de rendre justice à ces piliers de l'administration qui œuvrent chaque jour au développement du Sénégal.