NETTALI.COM - Sur plus de 1500 victimes d’abus recensées entre 2020 et 2024, les 957 sont des mineurs dont plus de 35 % âgés de moins de 13 ans. Ces données chiffrées exposées lors de l'atelier des femmes magistrates, interpellent sur l'efficacité de la criminalisation face à un fléau qui s'immisce jusque dans le cercle familial.
Le bilan statistique dressé par le ministère de la Justice entre 2020 et 2024 révèle une réalité glaçante. Car, en dépit de la loi portant criminalisation du viol et de la pédophilie, 1510 victimes d’abus sont recensées entre 2020 et 2024. Les 957 sont des mineurs dont plus de 35 % âgés de moins de 13 ans.
L'analyse détaillée des 1 510 cas recensés sur cette période de quatre ans, met en exergue la vulnérabilité extrême de la jeunesse sénégalaise.
Outre les 342 très jeunes enfants de moins de 13 ans victimes d'abus, le rapport souligne la persistance des violences incestueuses avec 104 agressions commises par des ascendants.
Les chiffres révèlent également des dynamiques familiales tragiques, incluant deux cas de violences exercées par des fils sur leurs mères et un cas impliquant un époux.
Parallèlement à cette sinistralité, l'institution judiciaire a enregistré 194 décisions d'acquittement ou de non-lieu pour ces mêmes chefs d'accusation.
Pour la chancellerie, ce chiffre de 12,8 % de procédures n'aboutissant pas à une condamnation, illustre la rigueur du système de preuve et le respect de la présomption d'innocence. L'enjeu reste désormais de concilier la célérité de la réponse pénale avec la protection de ces 1 510 victimes dont la vie a basculé dans le traumatism