NETTALI.COM - Le foisonnement des guerres et la déstructuration de plus en plus prononcée de l’économie mondiale, avec la flambée des prix du pétrole, étaient, hier, jeudi 9 avril, au coeur des échanges lors de la conférence de Dakar, au Musée des civilisations noires, animée par le Premier ministre Ousmane Sonko et le géopolitologue français Pascal Boniface, directeur de l’IRIS.
Le chef du gouvernement sénégalais a pointé un doigt accusateur sur le président américain Donnald Trump, au moment de se prononcer sur le thème “Entre autonomie et patriotisme, l’espace peut être réduit”.
“Est-ce que, depuis un an qu’il est au pouvoir, le monde est plus sûr, plus stable et en paix ?” A cette question rhétorique, il a ajouté : “Et si la réponse est négative, quelle est sa responsabilité dans cette déstabilisation du monde qui, apparemment, est devenu dangereux pour tout le monde, y compris pour lui-même.” Le PM d’asséner : "M. Trump n’est pas un homme de paix, c’est un homme de déstabilisation du monde".
“Quelle guerre a été gagnée ?”, a poursuivi Sonko. Qui, par cette question, a tenu à remettre en cause la logique interventionniste de l’Occident qui a multiplié les guerres, ces dernières décennies. Le Premier ministre a souligné l'inefficacité des interventions militaires qui ont jalonné l’histoire récente de l’humanité. Il en est des guerres au Vietnam, en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Somalie. “Aucune guerre, a-t-il déclaré, n’a été gagnée parce qu’aucun des objectifs n’a été atteint. À part semer le chaos et le désordre derrière eux dans ces pays, ces interventions n'ont rien produit”.
Ainsi, abordant la situation au Moyen-Orient, Ousmane Sonko a remis en cause l’efficacité des actions visant l’Iran. "Réduire les capacités balistiques de l’Iran ou l’obliger à renoncer à son programme nucléaire : aucun de ces objectifs n’a été atteint", a-t-il constaté.
Selon le Premier ministre, “les logiques internes ne s’imposent pas à l’extérieur. Enlever des présidents en fonction ou les exfiltrer pour les soumettre à la justice ne relève pas de la démocratie”. Ainsi, il est d’avis que l’Occident perd de son influence et voit dans la stratégie américaine actuelle d’asphyxie de ses concurrents, une crainte de perdre sa place de première puissance mondiale. Ousmane Sonko pense, de ce fait, qu’on s’achemine vers une transformation radicale des échanges internationaux où les monnaies nationales et la souveraineté économique reprendront leurs droits, au moment où le système du “pétrodollar” est en perte de vitesse.
Ce faisant, il a lancé un appel à la conscience africaine. Il invite à un retour aux racines. “Lorsqu'un peuple croit en lui-même, croit à ses capacités, lorsqu'il est convaincu d'être une civilisation forte ancrée sur des valeurs endogènes, ce peuple peut résister à tout”, assure-t-il. Lors des échanges, il a aussi salué la “clarté des prises de position” de Pascal Boniface, dont la présence à Dakar valide, selon lui, la nécessité d'une réflexion africaine autonome sur les enjeux d'un monde multipolaire. Le PM entend ainsi rompre avec le suivisme et exiger un partenariat d'égal à égal avec toutes les puissances. Il milite pour une collaboration sincère et respectueuse entre Etats.






