NETTALI.COM - La directrice de 7TV a vivement critiqué le ministre de la Communication, l’accusant de manque de transparence dans la gestion du fonds d’aide à la presse et d’instrumentalisation de ses services.
Présente ce mardi aux côtés du coordonnateur de l’APEL, convoqué à la Sûreté urbaine, la directrice de 7TV, Maïmouna Ndour Faye, a exprimé sa colère à l’encontre du ministre de la Communication, Alioune Sall. Elle l’accuse de gérer le Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP) dans une opacité totale, d’instrumentaliser ses services contre des professionnels des médias et d’avoir contribué, en deux ans, à fragiliser le secteur.
Face à la presse, elle a rappelé qu’en 2024, le ministre avait publié des données relatives au fonds d’appui de 2023 sans y joindre l’arrêté de répartition, se contentant, selon elle, de sélectionner certains organes de presse. « À ce moment, j’avais pensé qu’il s’inscrivait dans une démarche de transparence et qu’il ferait de même pour le FADP sous son magistère », a-t-elle déclaré, avant d’exprimer sa déception. Elle affirme qu’aujourd’hui, le ministère refuse d’ouvrir le débat sur la publication de l’arrêté de répartition du FADP pour l’année 2025.
La convocation d’Ibrahima Lissa Faye, poursuivi pour diffusion présumée de fausses nouvelles, a ravivé les tensions. Pour Maïmouna Ndour Faye, cette initiative ne saurait être imputée au seul directeur de la communication, Habibou Dia. « Il n’a pas agi seul. Cette démarche a été validée par le ministre », a-t-elle soutenu.
Elle a également appelé Alioune Sall à assumer directement le débat : « S’il le souhaite, qu’il nous fasse face. Qu’il utilise les voies légales et affronte les patrons de presse. » La directrice de 7TV a affirmé partager les propos reprochés à son confrère, évoquant la possibilité d’une réaction collective des médias : « Si dire qu’il n’y a pas de transparence est un délit, alors nous le dirons tous ensemble. »
Au-delà du FADP, Maïmouna Ndour Faye a dressé un bilan critique de l’action du ministre, évoquant notamment le dossier Starlink. Si l’initiative avait été perçue comme une avancée pour l’accès à Internet, elle estime qu’elle a été compromise par l’absence de concertation avec les acteurs du secteur.
Sur le programme Sénégal Numérique, elle considère que les résultats mis en avant par le ministère sont largement hérités du précédent régime. « Les trois quarts du travail ont été réalisés avant son arrivée. Après deux ans, il ne peut pas se prévaloir d’avancées majeures », a-t-elle déclaré.
En conclusion, Maïmouna Ndour Faye a interpellé directement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Elle a dénoncé ce qu’elle qualifie de désinformation au sommet de l’État et affirmé que le ministre de la Communication a contribué à « déstructurer le système des médias et les entreprises de presse ».
Elle a ainsi appelé le chef de l’État à prendre la pleine mesure de la situation du secteur des médias.






