NETTALI.COM - Après la polémique sur son absence au Comité local de développement, le khalife général de Cheikh Béthio Thioune accuse l’administration d’ingérence et appelle à l’unité autour de la commémoration.
Le report du Comité local de développement (CLD) préparatoire du 17 avril — date marquant la rencontre historique de 1946 entre Cheikh Béthio Thioune et Serigne Saliou Mbacké — continue de susciter des réactions. Interpellé après les propos du sous-préfet de Sindia, le khalife général de feu Cheikh Béthio Thioune, Serigne Saliou Thioune, a tenu à apporter sa version des faits.
Le guide religieux rappelle que, chaque année, un seul CLD était organisé par l’État, à travers la sous-préfecture de Sindia, pour préparer la commémoration du 17 avril. Une pratique instaurée du vivant de son père et maintenue sous les régimes d’Abdoulaye Wade et de Macky Sall.
Selon lui, une rupture est intervenue récemment avec l’organisation de deux CLD distincts l’année dernière : l’un avec sa branche familiale, l’autre avec une autre partie de la famille, sans qu’il en soit informé. « Si j’avais été informé, j’aurais adopté la même posture que cette année », a-t-il affirmé.
Serigne Saliou Thioune estime que cette situation constitue une ingérence dans les affaires internes d’une famille religieuse. « La famille de Cheikh Béthio Thioune est une et indivisible », a-t-il insisté, appelant l’État à jouer un rôle de médiateur plutôt que de division.
« Le rôle de l’État est de rassembler et non de s’immiscer dans les différends familiaux », a-t-il déploré.
Face à cette situation, le khalife affirme avoir saisi les autorités administratives, notamment à travers un courrier adressé au gouverneur de Thiès pour solliciter l’organisation d’un Comité régional de développement (CRD). Selon lui, cette demande n’a pas reçu de suite.
Il indique également avoir échangé avec le ministre de l’Intérieur, qui aurait promis d’intervenir. Toutefois, le gouverneur lui aurait par la suite signifié qu’un CRD ne pourrait être organisé cette année en raison d’un agenda présidentiel chargé.
Serigne Saliou Thioune affirme avoir accepté cet argument, tout en posant une condition claire : ne pas participer à une organisation qu’il juge divisée. « Je ne suis pas là pour être le dindon de la farce », a-t-il déclaré.
Le guide religieux évoque par ailleurs l’influence de certains acteurs politiques proches du pouvoir dans la gestion du dossier, dénonçant des « manœuvres » qu’il juge contraires à l’esprit de la commémoration.
Revenant sur les propos du sous-préfet de Sindia, qui s’était dit surpris par son absence, il affirme l’avoir informé la veille par téléphone. « Il devait dire qu’il avait été informé. Il a préféré dire qu’il m’attendait », a-t-il soutenu.
En conclusion, Serigne Saliou Thioune a interpellé le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, estimant que ce dernier n’est pas informé de la situation.
Il a insisté sur le fait que son absence relevait d’une position de principe, annoncée à l’avance, et non d’un désistement de dernière minute, appelant à une gestion plus consensuelle et respectueuse de cette commémoration religieuse.






