NETTALI.COM - La procédure de silence engagée par l’Union africaine n’a pas abouti, après l’opposition de plusieurs États membres, à la candidature de l’ancien président sénégalais.
La Commission de l’Union africaine (UA), à travers le Bureau du Secrétaire de la Commission, a annoncé l’échec de la procédure visant à approuver la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies.
Dans une note officielle adressée au ministère des Affaires étrangères de l’Éthiopie ainsi qu’aux missions permanentes des États membres auprès de l’UA, la Commission indique que cette initiative faisait suite à une note verbale référencée CCP/OSC/A/A1/056.03.26, datée du 26 mars 2026, accompagnée d’un projet de décision soumis selon la procédure de silence.
Cependant, à l’expiration du délai fixé au 27 mars 2026, vingt États membres ont formellement rompu le silence, empêchant ainsi l’adoption du projet de décision. En conséquence, la candidature de Macky Sall n’a pas été validée au niveau continental.
La procédure de silence, mécanisme diplomatique permettant d’adopter une décision en l’absence d’opposition significative, a donc échoué face au nombre élevé de contestations exprimées par les États membres. Ce mécanisme prévoit qu’en l’absence d’opposition de plus d’un tiers des États membres habilités à voter avant le 27 mars 2026, soit 17 pays, la décision sera considérée comme adoptée par consensus.
Cette évolution marque un revers pour les partisans de la candidature de l’ancien chef de l’État, dans un contexte où l’Union africaine cherchait à désigner un candidat consensuel pour porter la voix du continent à la tête des Nations unies.
La Commission de l’Union africaine a, dans sa correspondance, réitéré ses salutations aux États membres, conformément aux usages diplomatiques, sans donner davantage de précisions sur les prochaines étapes éventuelles.
Comment est choisi le Secrétaire général de l’ONU ?
En vérité le rejet par l’Union Africaine de la résolution de soutien à Macky Sall n’a aucune aucune incidence sur le processus de vote. Macky Sall n'a encore perdu aucune chance pour remplacer António Guterres.
Contrairement à une idée répandue, le Secrétaire général des Nations unies n’est pas élu au suffrage des États membres. Sa désignation obéit à une procédure bien précise, dominée par le Conseil de sécurité, où les grandes puissances jouent un rôle décisif.
La procédure débute au sein du Conseil de sécurité, organe stratégique de l’ONU composé de 15 membres, dont cinq permanents (États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni). Ce sont eux qui mènent les négociations autour des candidatures.
Dans un premier temps, les diplomates procèdent à des consultations informelles. Ces votes indicatifs, organisés à huis clos, permettent de tester les candidats et d’identifier celui qui pourrait faire consensus.
Mais un obstacle majeur peut surgir : le droit de veto.
Chacun des cinq membres permanents peut bloquer une candidature, même si celle-ci bénéficie d’un large soutien.
En pratique, cela signifie qu’aucun candidat ne peut être nommé sans l’accord implicite des 5 grandes puissances.
Une fois un consensus trouvé, le Conseil de sécurité adopte une résolution recommandant un seul candidat. Ce choix est ensuite transmis à l’Assemblée générale.
L’Assemblée générale, qui regroupe les 193 États membres de l’ONU, procède alors à un vote de confirmation. Dans les faits, cette étape reste largement formelle : elle entérine presque toujours la décision du Conseil de sécurité.
Le Secrétaire général est nommé pour un mandat de cinq ans, renouvelable. Plusieurs titulaires ont exercé deux mandats, confirmant une certaine stabilité à ce poste clé.






